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Il y a de plus en plus de vignobles au nord de Montréal

On compte une dizaine de vignobles sur la Rive-Nord. De Oka jusqu'à Repentigny, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir cultiver la vigne, et le nombre de bouteilles produites augmente d'année en année.

Un texte de Francis Labbé

« Les gens croient que parce que nous sommes au nord, c'est plus froid. C'est faux », explique Mario Plante, copripriétaire du vignoble des Négondos, à Mirabel, le premier vignoble biologique du Québec, fondé en 1993.

« En terme de chaleur, nous sommes à peu près identiques à la Montérégie. Nous avons des côteaux, un sol rocheux, c'est très intéressant », poursuit-il. « Ce terrain est bien drainé et tissé de roche, avec de beaux axes solaires », rajoute Carole Desrochers, copropriétaire du même vignoble.

« Nous produisons autour de 8 000 bouteilles, bon an mal an et depuis deux ans, nous produisons du vin mousseux. Traditionnellement, notre mise en marché se faisait directement au  consommateur, mais depuis quelques années, les restaurants nous achètent plus de la moitié de notre production. »

Pour Daniel Lalande, propriétaire du vignoble Rivière du Chêne, à Saint-Eustache, le climat des Basses-Laurentides se compare à celui d'autres pays producteurs de vin. « Pendant la période de production, nous avons environ le même nombre de degrés (celcius) par jour que la Nouvelle-Zélande », explique M. Lalande.

Rivière du Chêne est le deuxième producteur en importance au Québec. Il compte 21 hectares de vignes en production. Son propriétaire a récemment acquis des terres à Saint-Joseph-du-Lac et Oka. Il produit environ 11 500 caisses de vin par année.

« La quantité de neige que nous retrouvons dans les Basses-Laurentides, qui est supérieure à celle de la Montérégie, par exemple, est aussi un avantage », rajoute Michel Levac, propriétaire du Vignoble d'Oka.

« En plus, nous avons un sol rocheux et pauvre, ce qui est excellent », poursuit M. Levac. « Je ne vous cache pas que la vigne a besoin de souffrir pour que ses racines plongent profondément dans le sol et aillent chercher les nutriments dont elle a besoin. »

À cette carte, il faut ajouter le nouveau vignoble Les 1001 vignes, situé au 4395, avenue Des Perron à Laval.

Des cépages du Bordeaux

Le vignoble Taillefer Lafon, de Laval, utilise principalement des cépages dits "nobles" dans la fabrication de ses vins. Des cépages qui entrent dans la fabrication du Bordeaux, dont le Cabernet Franc et le Merlot. 

« Nous sommes le principal producteur de ces cépages au Québec », affirme Jean-François Taillefer, propriétaire du vignoble. « Mais ces vignes sont sensibles au froid et il faut beaucoup de travail pour les protéger pendant l'hiver. »

Réchauffement climatique

Les bouleversements climatiques répertoriés depuis les dernières années pourraient s'avérer avantageuses pour les vignobles, selon le consortium Ouranos, formé de chercheurs en climatologie.

« Nous avons constaté ces dernières années, une élogation de la saison sans gel, de l'ordre de deux semaines, selon Philippe Roy, spécialiste en scénarios climatiques. « Ça se traduit par une saison plus longue, une accumulation de chaleur plus grande pour les vignes et les autres plantes. »

Le principal adversaire du vin québécois

Selon Michel Levac, du Vignoble d'Oka, les québécois hésitent à se tourner vers le vin d'ici. « Je l'ai dit souvent, le plus gros handicap des vins du Québec, ce sont les Québécois », affirme-t-il.

« Les gens d'ici ne croient pas que nous puissions produire de bons vins. Or, c'est de plus en plus facile d'y arriver, les vignobles d'ici maîtrisent de mieux en mieux leurs méthodes. Il faut nous donner une chance »

Jean-François Taillefer, du Château Taillefer Lafon, abonde dans le même sens. « J'invite les gens à goûter plusieurs produits. Nous avons atteint une belle variété, vous allez sûrement trouver un produit qui vous convient. »

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