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Impact de Montréal : on préférerait la cohérence à la franchise

BILLET - J'ai bien du mal à prendre au sérieux les belles et bonnes intentions affichées par l'Impact de Montréal et son état-major. Le temps, les chiffres, les probabilités et les contradictions m'incitent à soupirer plus qu'à m'enthousiasmer.

Bon. Je ne vais pas perdre quatre paragraphes à dresser à mon tour un portrait du bourbier dans lequel l’équipe se retrouve.

À quoi bon, d’ailleurs? Puisque son président a candidement admis que ça va mal et que l’équipe a erré dans l’évaluation de ses besoins. Un coup d’œil au classement complète aisément le tableau.

Mais désormais, qui croire?

Les contradictions de Joey Saputo

Il y a quelques années, Joey Saputo s’interdisait d’investir massivement dans quelques joueurs vedettes. Il citait en exemple le Toronto FC qui avait choisi cette voie et ne gagnait jamais rien (à l’époque c’était vrai). M. Saputo rappelait aussi les obligations et les responsabilités financières de l’Impact envers l’empire Saputo.

Il était très convaincant.

L’automne dernier, il nous a dit que l’équipe devait accorder à Ignacio Piatti un contrat digne de lui. Le meilleur joueur de l’Impact, sa vedette incontestée venait de connaître une autre grande saison sur le plan personnel; une belle consolation dans une fin de saison décevante.

Même si ça contredisait un peu son credo précédent, M. Saputo était très convaincant.

Il nous dit désormais qu’il est ouvert aux propositions et aux transactions et qu’il vaudrait peut-être mieux laisser tomber un salaire de six millions pour consacrer plutôt cet argent à l’embauche de trois bons joueurs, à deux millions chacun.

Retour à la case départ. Mais où est la cohérence? D’autant plus qu’avec les insuccès de son personnel de recrutement, M. Saputo n’est plus du tout convaincant.

On n’abandonne pas

D’accord. Noble mission. Joey Saputo refuse de baisser les bras et promet des changements en juillet. Mais savez-vous compter?

À l’ouverture de la fenêtre des transferts le 10 juillet, l’Impact aura joué 19 matchs. Il ne lui en restera que 15, dont trois les 11, 14 et 18 juillet, à trop court terme pour intégrer efficacement de nouveaux effectifs.

L’an dernier, il fallait 49 ou 50 points (selon l’Association) pour terminer parmi les 6 premiers et se qualifier pour les matchs éliminatoires. L’Impact en a amassé 9 en 12 matchs et doit en ajouter 41 en 24 rencontres. Relisez : 41.

Or, 10 de ces rencontres seront jouées sensiblement avec les effectifs actuels.

Alors, s’il sait compter, où est-ce que le partisan doit puiser son enthousiasme au juste?

Saison perdue

Rendons-nous à l’évidence. Joey Saputo n’a pas le droit de jeter l’éponge. Il n’avait pas le droit de nous dire qu’il abandonne. Son rôle l’en empêche. Rémi Garde doit jouer le jeu lui aussi. Mais le partisan n’est tenu à aucune obligation.

Le partisan risque donc de subir le reste de cette saison avec pour toute consolation l’annonce énigmatique de changements qui ne vont pas lui plaire.

Nous parlions de bourbier?

Consolation (réelle)

La chose est presque passée sous silence. Mais il y a dans cette annonce faite par l’Impact le 17 mai une consolation.

L’équipe aura cinq de ses jeunes joueurs avec l’équipe canadienne au tournoi de Toulon, du 26 mai au 9 juin.

C’est un tournoi réservé aux joueurs de 21 ans et moins. James Panthemis, Shamit Shome, Mathieu Choinière, Clement Bayiha et Daniel Kinumbe défendront tous les couleurs canadiennes.

L’Impact développe. L’Académie de l’Impact fait son travail. On prépare l’avenir. Là, il y a non seulement de la franchise, mais de la cohérence.

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