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Impact : plus d'argent pour embaucher un joueur, ou pour gagner un championnat?

BILLET - L'Impact de Montréal a offert à ses partisans un parcours enthousiasmant en fin de saison et en séries éliminatoires. Le président Joey Saputo doit-il maintenant investir davantage pour rendre son équipe plus compétitive?

On aime bien les négligés. Le petit qui dévore le gros, ça fait toujours de belles histoires. Mais le romantisme conduit rarement au championnat et ne peut constituer le principe de base dans le développement d’une équipe gagnante.

La force des dollars

Après s’être bien battu, l’Impact, avec sa masse salariale de 6,7 millions de dollars s’est logiquement incliné devant le Toronto FC et sa masse salariale de 21,8 millions. Il y avait dans le camp adverse trois joueurs désignés, Michael Bradley (6 M$), Sebastian Giovinco (5,6 M$) et Jozy Altidore (4,8 M$), dont les salaires conjugués dépassent la masse salariale de 17 des 20 équipes de la MLS.

Je vous l’accorde, l’argent n’achète pas les championnats. Mais des 10 affrontements qui ont conduit à la finale, 9 ont été remportés par l’équipe misant sur la plus haute masse salariale, l’exception étant la victoire des Rapids du Colorado contre le Galaxy de Los Angeles en tirs de barrage.

Que faire?

La réponse est simple : investir.

Mais Joey Saputo dirige une entreprise. Il a un plan d’affaires. Il ne souhaite pas être financièrement le canard boiteux des entreprises Saputo. Or, l’Impact tarde à rapporter des dividendes.

On ne peut certainement pas reprocher aux Saputo d’avoir été pingres.

Dans les années 1990, rappelez-vous que par souci d’économie, chaque année, les Expos de Montréal laissaient filer leurs meilleurs joueurs plutôt que d’investir pour les garder. L’Impact et les Saputo ont choisi une autre route, une autre façon de faire.

Les Saputo ont généralement conservé leurs acquis en termes de personnel et ont investi régulièrement. Le stade Saputo, le centre Nutrilait (ex-caserne Letourneux) et le développement de l’Académie de l’Impact en sont quelques exemples.

Les partisans vont-ils répondre?

En partie, du moins. L’Impact a déjà vu les assistances augmenter cette année. Son aventure en Ligue des champions et l’embauche de Didier Drogba ont fait passer la moyenne d’assistance de 17 703, en 2015, à 20 669 cette année. Mais le stade Saputo n’a qu’une capacité de 20 801 spectateurs. Ce sont les matchs au stade olympique qui font monter la moyenne. Sur quels genres de revenus et sur combien d’abonnements l’Impact pourra-t-il compter l’an prochain?

Philosophie

Joey Saputo n’imitera pas le Toronto FC. Il ne croit pas à la philosophie du portefeuille sans fond. Sur le plan sportif, on pourrait lui en faire le reproche. Sur le plan financier, on ne peut que lui donner raison.

Avec des assistances totalisant 537 896 spectateurs, cette année, le TFC doit miser sur des revenus de 40,50 $ par spectateur pour soutenir sa masse salariale de 21,8 millions de dollars. Il y a d’autres revenus, comme les droits de diffusion des matchs notamment, mais il y a aussi d’autres dépenses.

Drogba parti…

Didier Drogba a touché un peu plus de 2,1 millions cette année. Son départ libère ce montant. L’Impact a déjà annoncé l’embauche du milieu de terrain Blerim Dzemaili qui ne prendra qu’une part de ces 2,1 millions. Voyons avec quelle imagination, avec quelle créativité la direction de l’Impact va investir « raisonnablement » dans son personnel.

Et en toute objectivité, on peut avoir confiance. L’attaquant Ignacio Piatti a confirmé son retour pour l’an prochain. Cette année, il a offert 17 buts à l’équipe, le même nombre que Sebastian Giovinco à Toronto. Avec son salaire de 425 000 $, Piatti gagne 13 fois moins que Giovinco.

Dominic Oduro (235 000 $), Hassoun Camara (180 000 $), Evan Bush (117 500 $), Ambroise Oyongo (100 000 $) sont d’autres exemples. Et ces exemples, il faut maintenant les multiplier.

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