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« Impatient, ce n'est pas le bon mot » - Stroll

C'est la quatrième fois seulement que les équipes roulent sur le circuit de Sotchi, construit dans le Parc olympique en bord de mer. Un autre défi pour le Québécois Lance Stroll, qui apprivoise encore l'environnement de la F1.

Stroll a débarqué à Sotchi, au bord de la mer Noire, mercredi soir. Il n'aura pas le temps de faire beaucoup de tourisme.

Le jeudi, c'est la reconnaissance du circuit, à pied, indispensable aux pilotes et aux ingénieurs.

« C'est surprenant à quel point on peut apprendre d'un circuit lors de la reconnaissance du jeudi, explique le pilote canadien. Les informations que vous allez chercher sont tout à fait pertinentes, même quand vous roulez à la vitesse d'une F1. Vous prenez connaissance de chaque bosse, et ça vous aide à régler la voiture.

« Parfois, vous intégrez rapidement les caractéristiques du circuit, parfois, ça prend un peu plus de temps, ça dépend du circuit, de vos sensations et du temps que vous prenez pour trouver le bon rythme. »

L'équipe Williams le guidera avec les informations prises lors des courses précédentes. Notamment sur le niveau d'adhérence de la piste.

« Cette surface nous met au défi, explique le directeur technique de l'équipe Williams, Paddy Lowe. Il sera difficile de monter correctement les pneus en température pour la séance de qualification. Le niveau de dégradation est minime. »

Le champion du monde en titre, Nico Rosberg, avait réussi dans sa Mercedes-Benz à faire 52 tours (du 2e tour à l'arrivée) avec le même train de pneus en 2014. Et cette saison, les pneus sont nettement plus résistants.

L'équipe Williams a connu de bons week-ends à Sotchi depuis la course inaugurale de 2014. Felipe Massa a fini 4e en 2014 et 5e en 2015.

« La voiture est compétitive depuis le début de la saison, a affirmé Stroll aux journalistes dans le paddock. L’équipe est contente des performances de la voiture, moi aussi. L’écart avec les autres, Renault, Toro Rosso, Haas, n’est pas énorme, quelques dixièmes, alors il faut se concentrer sur ce qu’on a à faire pour tirer le meilleur de ce qu’on a. »

Fidèle à son habitude, Lance Stroll y va une étape à la fois.

« J’ai fait du simulateur cette semaine, et la piste semble pas mal, dit-il prudemment. Mais je vais voir dans la première séance d’essais libres comment je me sens. Et on partira de là. »

Partir est une chose, mais arriver en est une autre.

Le Québécois n'a toujours pas fini un grand prix cette saison. Il ne veut pas en faire une fixation, mais on sent qu'il a hâte d'avoir un week-end sans pépin et de voir le drapeau à damier.

Entre l'impatience et l'espérance

« Dire que je suis impatient, ce n’est pas le bon mot, précise-t-il. J’espère qu’on aura un bon week-end, comme toujours. Il ne faut pas changer notre approche, il faut qu’on travaille comme on le fait chaque fois.

« Je crois vraiment que le vent va tourner dans le bon sens pour nous », ajoute-t-il, avec un brin de confiance.

C'est ce que souhaite aussi son coéquipier.

« Lance n'a pas connu le début de saison qu'il espérait, a dit Massa dans le paddock de Sotchi. Il faut lui donner du temps. Les deux accrochages n'étaient pas de sa faute.

« Quand il ira au bout de sa première course, il se sentira mieux », croit le Brésilien, qui a déjà marqué 16 points cette saison.

Après la décision de la direction de course de sanctionner Carlos Sainz fils pour son geste au 13e tour du Grand Prix de Bahreïn, Lance Stroll n'a pas jugé bon de faire une mise au point avec l'Espagnol.

« Je n’ai pas parlé à Carlos après la course, a révélé le Canadien. La direction de course a pris sa décision, cela fait deux semaines maintenant, et je me concentre sur la Russie. »

« Et je dois me concentrer sur plusieurs choses. Apprendre la piste, c’est l’objectif de ma première séance d’essais libres, puis me sentir à l’aise dans la voiture, et ensuite, obtenir le meilleur résultat possible. »

« Je me sens déjà bien dans la voiture, mais j’apprends encore. Si je compare avec ma F3 que je connaissais parfaitement, ce n’est pas la même chose qu’après trois courses en F1. Mais ça va de mieux en mieux. »

Il y a la voiture, et il y a l'environnement.

Sa préparation physique est adéquate, et il n'a pas ressenti de douleurs particulières depuis le début de la saison.

« Pour le cou, c’est plus dur en F1, car les courses sont plus longues. Bien sûr, je ne me suis pas encore rendu au bout, fait-il remarquer en riant de bon coeur. C’est plus long, donc il faut plus d’endurance.

« Physiquement, ce n’est pas beaucoup plus dur que la F3. Ça peut être physique aussi la F3. Par exemple, il n’y a pas de direction assistée en F3, alors que ça existe en F1, et c’est plus facile. »

Depuis le dernier grand prix, au Royaume de Bahreïn, Stroll a participé à une demi-journée d'essais sur le circuit de Sakhir, dans le cadre des essais officiels de deux jours. C'est du temps de piste précieux.

« C’est sûr que des essais durant la saison, ça m’aide, puisque je suis débutant, rappelle le pilote de 18 ans.

« J’ai besoin de tout le temps de piste qu’on peut m’offrir. C’est important pour que je me sente bien dans la voiture. C’est payant, pour moi et pour l’équipe. Car durant les week-ends de course, on est limité par le temps sur ce qu’on peut faire. »

Les équipes auront droit à deux autres journées d'essais officiels en Hongrie les 1er et 2 août.

Les essais et le vécu

En attendant d'accumuler les kilomètres, Lance Stroll doit puiser dans ce qu'il a (déjà) vécu, notamment son écart de conduite en essais libres à Melbourne.

« J’utilise mon expérience de pilote de course. Je pense constamment à ce qui est bon pour l’équipe, et ce dont l’équipe a besoin. Évidemment, en F1, si quelque chose arrive à la voiture, le temps de réparation peut être important, donc je dois penser à tout ça », explique-t-il.

Il avait en effet donné du fil à retordre à ses mécaniciens à Melbourne en abîmant la voiture à la fin des derniers essais libres, deux heures avant la séance de qualification. Ils avaient rebâti la voiture juste à temps, mais sans pouvoir la régler à sa convenance.

Stroll sera sans doute prudent vendredi aux premiers essais libres du Grand Prix de Russie, qui commencent à 4 h (HAE).

Il voudra profiter au maximum des deux séances de 90 minutes de travail que lui offre l'horaire du vendredi.

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