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Initiative des territoires du Nord pour recruter des personnes bilingues à Montréal

Pendant trois jours, le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon sont à Montréal afin de recruter des personnes, essentiellement qualifiées et bilingues, pour venir vivre l'aventure du Grand Nord.

Un texte de Marie-Laure Josselin

Devant le kiosque que tiennent des représentants des trois territoires, quelques étudiants et travailleurs s'arrêtent pour poser des questions.

Sur la table, une carte du Canada pour rappeler ou même faire découvrir où se situent ces parties du pays, car « les gens connaissent le Yukon, mais nos territoires, comme le Nunavut, sont méconnus », explique la directrice générale de Carrefour Nunavut, Valérie Hélène Gagnon.

Avec des taux de chômage respectifs de 3,3 %, 6,9 % et 14,9 %, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut cherchent à recruter une main-d'œuvre qualifiée, surtout dans la santé, l'administration ou encore les mines, l'un des secteurs en expansion.

Selon Statistique Canada, l'emploi dans ce domaine en 2016 s'est accru de plus de 14 % pour les trois territoires. Ce mercredi, ils sont présents à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), puis jeudi et vendredi à la Foire nationale de l'emploi, également à Montréal.

David Lapierre, de l'association franco-yukonnaise et Valérie Hélène Gagnon, de Carrefour Nunavut

Le recrutement à Montréal vise surtout des personnes bilingues français-anglais. Au Yukon, environ 14 % de la population parle français.

Idem à Iqaluit, renchérit Valérie Hélène Gagnon qui cherche à attirer des employés pour des organismes francophones, mais elle admet que la majorité des emplois au Nunavut vont être en anglais, d'où la nécessité d'avoir des connaissances dans les deux langues. Cependant, les personnes bilingues sont très convoitées, une prime au bilinguisme est même offerte au Nunavut, précise-t-elle.

Maude Terreault-Lavoie, 21 ans, s'approche du kiosque, visiblement très intéressée. L'étudiante au baccalauréat en animation et recherche culturelles doit effectuer un stage.

« On cherche énormément de gens qui ont ta spécialité et ton stage, c'est parfait. Avec un mandat de quelques mois, tu vas pouvoir vivre cette expérience dans ton domaine et découvrir une vie complètement différente du Québec », lui répond Valérie Hélène Gagnon, qui enchaîne en lui expliquant les primes et les avantages qu'elle pourrait potentiellement obtenir.

Dans ces territoires, le taux de roulement est un gros problème. Au Nunavut, il est de 1,5 ans par personne. Raison pour laquelle Carrefour Nunavut vient promouvoir les emplois disponibles dans le Nord, même si, « la priorité des emplois reste aux Inuits du territoire avant de faire venir des gens de l'extérieur ».

Jayson Lapierre s'arrête aussi poser ses questions. Étudiant en deuxième année au baccalauréat en travail social, il souhaite travailler dans le Nord pour « l'aventure, la nature, sortir du quotidien et faire quelque chose d'innovant ».

Son idée? Travailler avec les Autochtones et développer un projet en lien avec le sport, le plein-air car « c'est une grosse partie de certaines cultures autochtones. Par exemple, la chasse, la pêche. J'aimerais intégrer le sport avec le parcours scolaire des jeunes », explique-t-il. Jayson souhaite que l'on parle plus des opportunités dans les Territoires. Il indique qu'elles ne sont jamais évoquées dans les cours.

Les territoires du nord canadien soulèvent beaucoup l'intérêt, il est donc facile d'attirer les gens en leur parlant de la panoplie d'offres d'emplois disponibles et du mode de vie totalement différent, mais de là à les recruter, c'est différent, concèdent les deux représentants.

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