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Ismaël Habib était entouré d'agents d'infiltration

Dans les mois précédents son arrestation en février dernier, le présumé sympathisant djihadiste Ismaël Habib entretenait des liens avec de nombreux policiers, sans le savoir.

À la barre des témoins, mardi, à Montréal, Ismaël Habib a vu défiler des hommes qui ont habilement joué leurs cartes pour gagner sa confiance, entre 2015 et 2016. Ces agents d'infiltration étaient en mission parce qu'ils soupçonnaient le jeune homme de vouloir grossir les rangs du groupe armé État islamique (EI).

L'un des agents d'infiltration a raconté avoir fait croire à Ismaël Habib qu'il pouvait l'aider à obtenir un passeport frauduleux. Le jeune homme de 29 ans lui avait confié avoir déjà payé 1800 $ pour obtenir un faux passeport, sans succès.

L'agent lui a remis un cellulaire afin qu'ils puissent communiquer entre eux. Quelques jours plus tard, il aurait reconduit M. Habib auprès de son présumé patron, qui était en fait un autre agent d'infiltration.

En mission pour devenir son ami

Un autre agent d'infiltration est entré dans sa vie en novembre 2015. L'agent a raconté à l'accusé s'être sauvé d'Ottawa parce qu'il avait frappé sa compagne, qui l'avait trompé.

Ismaël Habib se serait montré compréhensif affirmant : « C'est pour ça que les femmes doivent se couvrir, pour ne pas donner de tentation aux hommes. »

M. Habib aurait confié avoir consommé beaucoup de drogue dans sa jeunesse. Malade après quatre jours sur les amphétamines, il aurait promis à Allah de lui « dédier sa vie » s'il le sauvait.

Lundi, une ancienne fréquentation de l'accusé a raconté qu'il avait fait des plans pour aller rejoindre sa femme et ses deux enfants en Syrie et combattre aux côtés de l'EI.

Ismaël Habib aurait plutôt dit à l'agent d'infiltration que sa famille était en Algérie et qu'il ne pouvait pas y aller puisque son passeport avait été saisi par la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

L'accusé avait été placé sur la liste de signalements du Programme de passeports du ministère de Citoyenneté et immigration Canada en 2013, en raison des soupçons de la GRC à son endroit. En 2014, il aurait fait une demande de passeport infructueuse en présentant une carte d'identité qui ne lui appartenait pas.

En contre-interrogatoire, le policier a expliqué qu’Ismaël Habib lui parlait de l'islam positivement, en insistant sur le partage et l'entraide.

Ismaël Habib est le premier adulte à subir un procès après avoir été accusé d'avoir voulu quitter le Canada pour participer à une activité d'un groupe terroriste. Il est aussi accusé d'avoir fait une fausse déclaration dans le but d'obtenir un passeport.

Lundi, l'avocat de l'accusé a laissé entendre qu'il pourrait avoir eu l'intention de se rendre en Syrie pour venir en aide à son épouse qui y était retenue contre son gré.

S'il est reconnu coupable, il risque jusqu'à 10 ans d'emprisonnement.

Le procès se poursuit encore deux semaines.

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