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« J'ai dit non à répétition », affirme la victime de Luck Mervil

« Tu imagines la chance que tu as d'avoir un professeur », aurait dit Luck Mervil à sa victime de 17 ans en 1996, alors qu'il la forçait à avoir des rapports sexuels à répétition. C'est ce dont la plaignante a témoigné lors de l'enquête préliminaire du chanteur, l'an dernier. L'homme de 50 ans a plaidé coupable ce lundi à une accusation d'exploitation sexuelle.

Un texte de Geneviève Garon

Dans les années 1990, l'adolescente était fière de connaître l'auteur-compositeur-interprète Luck Mervil, mais il ne l’a jamais attirée et elle n’était pas amoureuse de lui. Elle le trouvait entre autres très moralisateur. Mais cela ne l'empêchait pas de lui faire confiance et d'aller garder ses enfants chez lui.

C'est ce que la femme a raconté au tribunal lors de l'enquête préliminaire de l'artiste, le 28 mars 2017. Son témoignage était sous ordonnance de non-publication jusqu'à ce que Luck Mervil reconnaisse sa culpabilité et renonce à subir un procès.

Selon la version des faits de la victime, Luck Mervil l'a appelée pour qu'elle garde ses enfants, un soir de janvier 1996. En arrivant chez lui, elle a été surprise de constater que sa progéniture était habillée pour aller dormir ailleurs. M. Mervil l'a malgré tout invitée à rester seule avec lui pour visionner des films.

Il lui a ensuite proposé de faire une partie d'improvisation. L'homme dans la fin vingtaine a demandé à la jeune fille de 17 ans de lui raconter sa première relation sexuelle. Jouant le jeu, elle a inventé une histoire, ne mentionnant pas qu'elle était vierge.

Premières agressions

C'est alors qu'il l'a embrassée sur la bouche. Stupéfaite, elle s'est reculée. La jeune fille a trouvé ça « dégueulasse » et s'est sentie mal pour la conjointe de M. Mervil. « Mon monde tournait à l'envers », a-t-elle relaté devant la Cour.

Par la suite, Luck Mervil l'a plaquée contre un sofa pour la violer. Elle était terrifiée, selon ses dires. « J'ai dit non à répétition [...] J'ai eu tellement mal, la douleur était fulgurante. »

Les jours suivants, sous le choc, elle s'est convaincue qu'il ne s'était rien passé. « J'ai pris la décision d'oublier », a-t-elle dit.

Des agressions pendant six mois

Quelques semaines plus tard, elle était de retour chez lui pour garder ses enfants et il l'a embrassée à nouveau. Les viols se sont multipliés pendant une période de six mois et elle a cessé de se débattre. Luck Mervil lui aurait dit : « Tu imagines la chance que tu as d'avoir un professeur ».

Une fois, son cœur s'est mis à battre la chamade alors qu'il l'agressait sexuellement, au point où elle a craint de faire un arrêt cardiaque. Il lui a répondu qu'elle avait joui et qu'il était fier d'elle. « Ma culpabilité était cent fois plus grande », a-t-elle témoigné.

Les gestes sexuels ont continué pendant dix ans après sa majorité.

« J'ai respecté ma parole »

Au premier jour de son procès prévu pour deux semaines, Luck Mervil a plaidé coupable à une accusation d'exploitation sexuelle, puisqu'il était en position d'autorité au moment des crimes. Il n'a pas spécifié s'il reconnaissait chaque détail de la version des faits de la plaignante.

Les parties devraient faire une suggestion commune sur la peine à lui imposer vendredi. Luck Mervil et sa victime devraient alors témoigner.

En sortant de la salle d'audience, le chanteur, qui a été arrêté en 2014, s'est dit soulagé : « Dès le départ, j'ai respecté ma parole. J'avais déjà dit ce qui était arrivé [...] Ça fait près de quatre ans que ma famille attend et souffre de ça. Je sais que la victime aussi, de son côté, sa famille a beaucoup souffert de ça, de ce qui se passe aujourd'hui. »

Questionné à savoir s'il souhaitait présenter des excuses à la victime, Luck Mervil a répondu : « Vous allez l'entendre vendredi ».

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