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Jean Bédard parle de l'héritage de Lucian Bute

WASHINGTON - Pendant que Lucian Bute se prépare mentalement pour ce qui pourrait bien être son combat de la dernière chance, celui qui lui a fourni sa première se réjouit, un pincement au coeur.

Un texte de Jean-François Chabot

Le moment a certainement un goût doux-amer pour Jean Bédard, président du Groupe Interbox, qui a tout misé sur Bute, quand personne ne savait qui il était.

C'était en 2003. Éric Lucas venait de se faire ravir (plusieurs crient encore au vol!) la ceinture WBC des super-moyens par Markus Beyer en Allemagne.

Le champion déchu et amèrement déçu en était à ses derniers milles et chez Interbox on avait besoin d'une relève de premier plan afin de maintenant l'intérêt des amateurs qui avaient retrouvé le goût du noble art.

Bientôt retraité et futur partenaire investisseur, Lucas avait présenté Bute comme son successeur.

La graine de champion a bourgeonné et porté ses fruits en 2007 quand le Montréalais d'adoption a décroché le titre IBF des super-moyens en l'emportant par mise hors de combat technique face à Alejandro Berrio au Centre Bell.

Bédard se rappelle ces bons moments et de chaque frisson qu'il a ressenti durant les quatre années et demie (octobre 2007 à mai 2012) au cours desquelles Bute a conservé et défendu sa couronne avec succès à neuf reprises.

Et samedi, Bute pourrait boucler la boucle en ramenant au Québec la ceinture WBC, celle-là même que Lucas avait perdue aux mains de Beyer.

Une grande page à tourner?

Bute livrera samedi soir le dernier combat prévu au contrat qui le lie encore avec Interbox. Depuis un moment déjà, il s'est joint à la vaste écurie d'Al Haymon, représenté au Québec par nul autre qu'Yvon Michel.

Il était d'ailleurs assez curieux de voir les deux promoteurs québécois présents à la pesée de vendredi, se saluer du regard, mais on semblait loin des grandes tapes dans le dos. L'esprit de compétition reste sain, mais quand même vif chez eux.

Bédard craint-il de perdre Bute comme client après avoir tant investi ?

« Peu importe ce qui arrivera, on ne peut qu'être fiers de ce que nous avons réussi ensemble. Je suis surtout content de revoir Lucian de retour en aussi bonne forme. Il a vécu des moments difficiles, et pour nous il était important de comprendre pourquoi il ne parvenait pas à remonter la pente », a souligné Bédard.

Victoire ou défaite, la carrière de Bute prendra une nouvelle tournure samedi soir au DC Armory.

Peu importe le résultat face à Badou Jack, Jean Bédard est d'avis que Lucian Bute laissera derrière lui un fort héritage pour la boxe professionnelle québécoise. Grâce à l'envergure d'un champion adoré et admiré, ce sport a pu conquérir le cœur des amateurs de la province qui, pour beaucoup, auront assisté à un gala de boxe pour la première fois.

Et c'est peut-être là ce que Bute a réussi de plus grand pour le bien de son sport.

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