La sélection de Jean-Gabriel Poulin par les Alouettes, jeudi au 23e rang du repêchage de la LCF, est ni plus ni moins que la consécration d'une prodigieuse année pour le secondeur québécois.

Difficile de demander mieux qu'une saison parfaite de 12 triomphes avec les Mustangs de l'Université Western, une conquête de la Coupe Vanier contre le Rouge et Or de l'Université Laval et un appel du directeur général Kavis Reed pour se faire annoncer que la suite de sa carrière passera par Montréal.

« C'était un peu irréel, j'avais de la misère à y croire. Veux, veux pas, j'ai grandi au Québec, pour moi les Alouettes c'était l'équipe que je regardais quand j'étais petit et que j'idolâtrais en fait. [...] Je voulais jouer pour les Alouettes, et quand j'ai vu que c'était eux [qui m'avaient repêché], je n'en revenais pas, j'étais un peu renversé. »

L'instructeur des secondeurs Todd Howard et Poulin ont discuté pendant une vingtaine de minutes vendredi. L'entraîneur de position a notamment indiqué ses attentes à l'endroit de l'athlète nommé sur la première équipe d'étoiles universitaires au Canada en 2017.

« On veut essayer de transformer le programme, ramener une tradition gagnante et remporter une Coupe Grey, a expliqué le produit des Cheetahs du Cégep Vanier. On s'est juste bien entendu que l'objectif était de gagner une Coupe Grey et de trouver la meilleure position pour moi afin d'aider l'équipe à y parvenir. »

« Ultimement, le football n'est pas un sport individuel. Il faut simplement que je vois où je peux m'établir dans la formation et de quelle manière je peux aider en trouvant la meilleure position pour moi », a-t-il ajouté.

Situations aux antipodes

Les Moineaux comptent intégrer Poulin avec les secondeurs et dans les unités spéciales.

Le premier de deux joueurs québécois sur lesquels l'organisation montréalaise a jeté son dévolu lors de l'encan canadien, l'autre étant le receveur de passes Étienne Moisan au 51e échelon, devrait obtenir sa part de responsabilités dans la seconde sphère.

Il a en effet beaucoup été utilisé dans les unités spéciales au début de sa carrière universitaire, avant de se concentrer majoritairement sur son rôle de secondeur durant les deux dernières campagnes. « Je suis très confortable dans les unités spéciales, c'est l'un des aspects du jeu que j'aime le plus. »

Son objectif demeure néanmoins de joindre l'unité défensive du coordonnateur et conseiller spécial Rich Stubler.

« Je vais essayer d'apprendre de gars comme Henoc Muamba, qui vient de signer, Nicolas Boulay et tous les vétérans de cette équipe. Je suis vraiment excité parce que c'est un très bon groupe de secondeurs, je pourrai apprendre beaucoup d'eux. »

Poulin passera des champions nationaux dans l'U Sports, détenteurs d'un dossier immaculé, à la pire organisation du circuit Ambrosie. Le rendement de 3-15 des Alouettes, à l'inverse, est un record de médiocrité depuis que le nid a repris forme dans la métropole en 1996.

« C'est différent, mais je trouve que c'est une belle occasion. Je pense que tous les gars dans l'équipe devraient être excités parce qu'on a la chance de bâtir quelque chose de gros, a-t-il confié. C'est un nouveau groupe d'instructeurs, on repart à zéro. »

Retour aux sources

L'Université Western n'était pas le choix initial de Poulin. Celui-ci avait d'abord signé sa lettre d'intention et confirmé sa venue chez les Carabins de l'Université de Montréal (UdeM). Il était finalement revenu sur sa décision dans l'optique de « vivre quelque chose de différent ».

L'entraîneur-chef Danny Maciocia était évidemment déçu à l'époque de ne pas pouvoir bénéficier de ses services dans son bataillon, mais tout à fait compréhensif de sa décision.

« C'est tout un joueur, il est excellent, a commenté le pilote des Bleus. C'est un bon choix que les Alouettes ont fait. Il devrait être capable de contribuer dans les unités spéciales tout de suite et en tant que secondeur à un moment donné. »

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