Retour

Joël Bouchard demeure énigmatique quant à son avenir

L'éléphant se promenait dans la pièce depuis une bonne dizaine de minutes quand on se décida à l'attaquer de front. Mais peu importe la taille de la bête, Joël Bouchard n'avait aucunement l'intention d'en parler publiquement.

Un texte d’Alexandre Gascon

Pressenti depuis plusieurs semaines pour faire le saut dans le hockey professionnel avec le Canadien, le directeur général et entraîneur-chef de l’Armada de Blainville-Boisbriand a esquivé toutes les questions se rapportant à son avenir, préférant se concentrer sur la prestation de ses joueurs et du bilan de son équipe qui s’est inclinée en finale de la Coupe du Président contre le Titan d’Acadie-Bathurst.

Au diable, les rumeurs qui prétendent qu’il aurait rencontré les dirigeants du CH et qui l’envoient à la tête du Rocket de Laval, un des rares postes vacants présentement avec l’organisation, Bouchard a plutôt laissé savoir le fond de sa pensée aux nombreux représentants des médias.

« Les journalistes qui ne nous suivent jamais et qui viennent ici… », a-t-il répondu lorsqu’on lui a demandé s’il avait rencontré des formations de la LNH, tout en laissant sa phrase retombée sur la salle, lourde de sens.

« Moi, le hockey junior, c’est important pour moi. Le hockey junior m’a permis de me rendre où je me suis rendu dans la Ligue nationale. Et le hockey junior me permet encore de vivre des affaires extraordinaires et de donner une expérience de vie à des jeunes qui sont un exemple pour la communauté. Il faut en prendre soin », a prêché l’ancien joueur.

Prêt pour la prochaine étape?

En près d’une heure de conférence de presse parsemée de réponses de trois, quatre minutes, Bouchard n’a pas su dissiper les doutes sur la suite de sa carrière. Son silence par rapport au Canadien, à lui seul, prête évidemment à interprétation.

Il estime avoir accumulé beaucoup d’expérience au cours de la dernière décennie passée dans la LHJMQ. Bouchard a, tour à tour, occupé les fonctions d’adjoint à l’entraîneur, d’entraîneur-chef, de directeur général et de président.

« Je les ai tous faits », a-t-il rappelé, avec raison.

Il a aussi côtoyé d’influents hommes de hockey. Pascal Vincent, Dominique Ducharme, Jean-François Houle, Stéphane Pilote et Yanick Lemay, tous embauchés par des organisations de la LNH aujourd’hui, ont fait partie de son entourage.

Est-ce suffisant pour faire le saut chez les professionnels?

« Es-tu toujours prêt à quelque chose », de rétorquer le principal intéressé?

« L’être humain, la vie est ce qu’elle est, elle t’amène de bonnes choses, des fois elle t’amène des citrons. Il faut le prendre avec un grain de sel et sauter dans l’eau. Tu n’es jamais prêt à rien dans la vie. Tu y vas ou tu n’y vas pas. »

Sous peu, l’on devrait savoir laquelle des options Bouchard a privilégiée.

Un joli palmarès

L'Armada s'est incliné en finale de la ligue junior québécoise pour la deuxième année d'affilée. Depuis les débuts de Bouchard comme directeur général de la formation en 2011-2012, aucune équipe de la LHJMQ n'a disputé plus de rencontres éliminatoires.

Dans un circuit où les clubs sont normalement voués à traverser des cycles, des périodes de vache maigre comme de gloire, il s'agit d'un exploit en soi.

Cette saison, de surcroît, Blainville-Boisbriand représentait la plus jeune équipe du circuit Courteau. Et ses rares joueurs de 20 ans, au nombre de trois, ont tous trouvé preneur au sein d'organisations de la LNH, bien qu'aucun d'entre eux n'ait été repêché.

Alex Barré-Boulet a signé un contrat avec le Lightning, Tobie Paquette-Bisson avec les Americans de Rochester, le club-école des Sabres de Buffalo, et Alexandre Alain, avec le CH.

De nombreux observateurs ont estimé que le Canadien avaient échappé une belle occasion avec Barré-Boulet et que le contrat que Montréal a offert à Alain servait à sauver les apparences. Bouchard n'est pas de cet avis.

« Ce n’est pas une signature pour justifier autre chose, ils l’ont amené au camp l’année passée, ils l’ont adoré. J’ai parlé avec Martin Lapointe et il m’a dit : "Tabarnouche, il a eu une belle progression depuis son année de 17 ans. On va le suivre cette année". Le travail était fait. Son futur est comme beaucoup de joueurs. Il tombe dans le panier d’un bon jeune, travaillant, avec du talent. Comment il va s’ajuster au professionnel? Je n'ai pas de boule de cristal. Quand tu vas avoir fini avec lui, il va avoir tout donné », a-t-il expliqué.

Peut-être aura-t-il lui-même la chance de superviser son développement.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Regardez la réaction de cette fille!





Rabais de la semaine