Retour

Joëlle Numainville, domestique, mais non moins ambitieuse

La vie de domestique dans une équipe cycliste professionnelle peut paraître ingrate. Mais il y a quelque chose de noble à sacrifier ses résultats et à travailler pour ceux des autres, souligne Joëlle Numainville. La Québécoise est très à l'aise dans ce rôle, d'autant plus qu'elle ne s'y voit pas confinée.

Elle est sous contrat avec l'équipe suisse Cervélo-Bigla (connue simplement sous le nom de Bigla jusqu'en 2016) depuis 2014. C'est sous son maillot qu'elle a préparé son audition olympique, souvent dans un rôle de subalterne, mais elle ne craint pas d'en souffrir quand Cyclisme Canada annoncera fin juin ses choix discrétionnaires pour les Jeux de Rio, après les Championnats canadiens.

« Oui, ça peut nuire, mais Cyclisme Canada tient compte du travail fait par les domestiques, indique-t-elle. On ne peut pas être leader à chaque compétition. Ce travail est quand même bien vu. »

La Lavalloise sait cependant que rien ne lui est acquis auprès de sa fédération. Meilleure Canadienne à l'épreuve sur route des Jeux olympiques de Londres avec une 12e place, elle avait été écartée des Jeux panaméricains de Toronto en 2015, une décision « politique » à son avis, mais qu'elle « n'a plus sur le cœur ».

Ce choix de Cyclisme Canada lui a permis de vivre une autre expérience sur route en juillet 2015, à la Course by Le Tour de France, sur les Champs-Élysées à Paris, où elle a fini 14e. Elle a adoré, notamment parce qu'elle s'est battue pour la victoire finale, sans toutefois contrarier au sprint la gagnante, la Néerlandaise Anna van der Breggen.

Être domestique n'empêche pas d'avoir des moments pour soi, comme celui-là, et de viser des résultats personnels, rappelle Numainville. Les rôles ne sont jamais figés.

« Ce qui est le fun, c'est qu'on peut interchanger les rôles, explique-t-elle. La leader au début de la saison peut devenir la domestique à la mi-saison. Elle va apprendre beaucoup ainsi [...] Tout bon coureur doit à un certain moment jouer les domestiques pour aider l'équipe. C'est impossible d'être bon dans toutes les courses et de les gagner toutes. »

Choisir ses compétitions

« Au début de chaque année, j'essaie toujours de sélectionner des compétitions où je veux bien performer, dit Numainville. J'en parle avec l'équipe pour essayer de jouer un rôle de leader dans ces compétitions. »

Joëlle Numainville a fait bonne impression en 2015 lorsqu'elle a travaillé sur ses propres résultats. Elle a entre autres terminé 5e à la classique Winston-Salem, 6e au classement général du Tour de la Thuringe (Allemagne), 12e au Tour de Norvège et 14e au Tour des Flandres.

Dans le maillot de Bigla en 2016, elle s'est offert des tops 20 à la classique Omloop Het Nieuwsblad (19e) et au Tour des Flandres (18e) et une 29e place à la Flèche wallone.

Dans le maillot canadien, Numainville a conclu au 11e rang l'épreuve sur route des Championnats du monde de Richmond en septembre 2015. Il s'agit d'un autre résultat qui milite en sa faveur dans sa campagne pour les Jeux de Rio, comme le titre canadien sur route qu'elle a décroché en juin dernier en Beauce.

Moins de risques

Joëlle Numainville a vécu des moments difficiles dans sa route vers Rio. Elle a beaucoup appris de la commotion cérébrale qui a plombé ses saisons 2013 et 2014. Elle dit être sortie de sa rééducation avec une plus grande sagesse, qui s'observe dans sa façon de courir.

« Il y a une vie après le cyclisme », rappelle Numainville. Mais à 28 ans, elle ne se voit pas encore dans cette vie, déterminée d'abord à se rendre à Rio.

En route vers les Jeux olympiques : Pour suivre l'actualité olympique

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine