Retour

Juan Palma a admis avoir tué sa conjointe Paméla Jean

Les délibérations ont commencé au procès de Juan Palma, accusé du meurtre de sa conjointe Paméla Jean, fin 2012. Les 12 jurés doivent trancher : l'accusé a-t-il prémédité son geste, comme l'affirme la Couronne, ou est-ce plutôt un homicide involontaire, comme l'a plaidé la défense?

Juan Palma raconte avoir paniqué lorsqu'il a retiré le coussin du visage de sa conjointe inconsciente. Il dit avoir passé quelques nuits aux côtés de son cadavre, incapable d'accepter qu'elle ne reviendrait plus. C'est ce qu'il a raconté aux enquêteurs qui l'ont emmené faire une reconstitution du drame, il y a quatre ans.

La vidéo de ses aveux a été présentée aux jurés dans le cadre du procès pour meurtre de l'homme de 36 ans. Elle a été tournée le 6 janvier 2013, une semaine après la mort de sa conjointe Paméla Jean.

Dans l'enregistrement, Juan Palma se tient au milieu de sa chambre en désordre, dans le sous-sol de ses parents à Montréal-Nord. Il est accompagné de trois policiers et demande à ce qu'ils lui retirent ses menottes pour mieux mimer les gestes qu'il a posés la nuit du 29 au 30 décembre 2012.

Il raconte être rentré chez lui avec la victime, après une soirée bien arrosée dans les bars. Le couple aurait aussi consommé de la cocaïne et du crack.

Selon les dires de l'accusé, Paméla Jean se serait mise en colère et se serait emparée d'une paire de ciseaux pour le poignarder.

Inquiet que ses cris ne réveillent ses parents, Juan Palma aurait tenté de la maîtriser sur le lit pour la faire taire.

Fortement intoxiqué, il affirme lui avoir mis un coussin sur le visage et s'être laissé tomber dessus. L'accusé pèse environ 100 kilos.

« C'est pas longtemps après que j'ai réalisé que j'avais sûrement coupé son souffle. Quand j'ai vu qu'elle ne réagissait plus, j'ai commencé à paniquer. J'ai commencé à lui pomper le ventre, le cœur ainsi que dans la bouche. J'ai donné du bouche-à-bouche. Pour essayer de la réanimer, j'ai donné des claques dans la face et j'ai dit : "Mon amour, s'il te plaît, reviens!" Et là, j'ai commencé à paniquer », a dit Juan Palma dans sa déclaration aux policiers, le 6 janvier 2013.

Juan Palma soutient avoir passé les nuits suivantes dans sa chambre, à pleurer, aux côtés du cadavre de sa conjointe. Il affirme avoir eu espoir qu'elle se « réveillerait ». « Je ne voulais pas lui faire ça, répète-t-il à plusieurs reprises. C'était juste une question de la calmer... »

Quelques jours plus tard, il explique avoir transporté le corps de Paméla Jean dans un garde-robe du sous-sol avec ses bottes, son sac à main et son manteau. Il soutient qu'il avait l'intention de se rendre aux policiers et regrette d'avoir tenté de cacher le corps.

« J'ai beaucoup de regrets d'avoir fait ça, de l'avoir placée là, parce que c'est quand même un être humain, pis c'est une femme que j'aime encore. Mais je l'ai fait, je ne sais pas pourquoi. Ça a mal tourné dans ma tête. Je ne justifie pas par l'alcool, je ne justifie pas par la drogue. C'est le fait que je n'acceptais pas qu'elle était partie. Je voulais tout le temps l'avoir près de moi », ajoute Juan Palma, dans sa déclaration aux policiers du 6 janvier 2013.

La police a découvert le cadavre le 4 janvier 2013, en enquêtant sur la disparition de Mme Jean. Lors du procès, le sergent-détective avait raconté avoir été alerté par l'odeur de putréfaction au sous-sol.

L'accusé était jaloux et violent, selon la Couronne

La position de la Couronne est aux antipodes. Dès le début du procès, la procureure Catherine Perreault a tenté de démontrer que l'accusé était agressif avec sa conjointe et qu'il ne tolérait pas qu'elle veuille le quitter. Une ancienne collègue de la victime a témoigné que Juan Palma avait déjà giflé Paméla Jean, en plus de lui serrer le bras et de la pincer.

La Couronne a dépeint l'accusé comme un toxicomane sans travail qui profitait du peu d'argent de la victime. La spirale de la violence conjugale aurait dégénéré au point où il l'a tuée, selon la poursuite. Par le passé, il l'aurait déjà menacée devant des témoins.

Les expertises ont démontré que Paméla Jean est morte par strangulation.

La famille de la victime a assisté aux quatre semaines du procès. Elle attend avec impatience que le jury tranche. Les jurés seront séquestrés jusqu'à ce qu'ils se prononcent sur l'un des trois verdicts suivants : meurtre prémédité, meurtre non prémédité ou homicide involontaire. Les délibérations ont commencé lundi après-midi.

Selon l'avocat de l'accusé, James Dawson, Juan Palma n'avait pas l'intention de la tuer et son intoxication l'a empêché de réaliser les conséquences de ses gestes.

Juan Palma n'a jamais témoigné dans le cadre de son procès et la défense n'a fait entendre aucun témoin.

L'accusé a invoqué l'arrêt Jordan

L'avocat de Juan Palma avait déposé une requête en arrêt des procédures qui a été plaidée au tout début du procès, en l'absence du jury.

Il soutenait que quatre ans se seraient écoulés du début à la fin des procédures judiciaires, ce qui excède le délai de 30 mois fixé par la Cour suprême l'été dernier dans l'arrêt Jordan.

Le juge Éric Downs a rejeté la requête.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Cet amateur de hockey gagne 1000$ s'il réussit à marquer





Rabais de la semaine