Les résidents de Kanesatake, près de Montréal, sont appelés à choisir leur nouveau conseil de bande samedi et deux candidats se présentent au poste de grand chef, soit le grand chef actuel Serge Simon et la chef Lourena Montour.

M. Simon, qui brigue un troisième mandat consécutif, souhaite consacrer un nouveau mandat au développement économique de la communauté autochtone, tout en respectant l'environnement. « J’ai des partenariats intéressants dans les énergies vertes, [dans] des technologies pour développer les serres en utilisant des technologies solaires, éoliennes et à l’hydrogène », a-t-il expliqué.

Lors de son dernier mandat, il s'est concentré à réduire le déficit de la communauté. Grâce à son gouvernement, dit-il, le manque a diminué de 50 % depuis 2014. Il croit que Kanesatake ne sera plus dans le rouge d'ici un an ou deux s'il est réélu. « Je pense qu’on peut arriver à être kif », a-t-il soutenu.

Le grand chef de la communauté veut également mettre en place un code d'éthique pour les gouvernants et un comité d'éthique, ainsi que mettre par écrit ce que sont les responsabilités et pouvoirs du grand chef. « Il n'y a rien d'écrit ici. On suit la coutume et la coutume peut changer d'un mois à l'autre », a-t-il indiqué.

Lourena  Montour, qui a refusé une demande d'entrevue d'Espaces autochtones, propose quant à elle de s'attaquer aux enjeux locaux. Elle veut, selon son programme, revoir les « lois sur l'enregistrement » et les « lois sur les biens matrimoniaux ».

Elle dénonce par ailleurs la dégradation des droits de sa communauté à la suite de politiques gouvernementales et soutient qu'elle s'attaquera à ce dossier, sans toutefois faire de « promesses spécifiques » quant à la façon de faire.

Les traditionalistes

Les deux candidats sont critiqués par les traditionalistes, des membres de la communauté qui ne se rendent pas aux urnes puisque selon eux, le fait même de voter à des élections pour le conseil de bande ne respecte pas leurs coutumes.

Nicole Gagnier, qui est traditionaliste, accuse notamment Serge Simon de ne pas protéger la communauté et ses terres. Elle ajoute que la candidate Lourena Montour « n'est pas mieux » et qu'on ne peut lui faire confiance puisqu'elle a, selon elle, rencontré secrètement des promoteurs d'un projet de pipeline.

Les traditionalistes, qui sont peu nombreux dans la communauté, ne reconnaissent pas le conseil de bande, une forme de gouvernement « imposée par les gouvernements colonialistes ». Ils croient que ceux participant à cette organisation politique ne respectent pas la tradition ancestrale.

Mme Gagnier explique que les traditionalistes de la maison longue de Kanesatake sont tous égaux et que, pour prendre des décisions, ils se réunissent pour en discuter.

Taux de participation en chute

Selon le grand chef actuel, Serge Simon, le taux de participation diminue élection après élection. Au dernier scrutin, en 2014, environ 600 personnes sont allées voter.

Nicole Gagnier croit de son côté que les résidents de Kanesatake se rendent de moins en moins aux urnes parce qu'ils ne croient plus en leurs chefs.

La communauté est appelée à élire son conseil de bande tous les trois ans et doit choisir samedi son grand chef et six chefs.

Les tensions persistent depuis plus de 20 ans dans cette communauté mohawk.

Selon les informations de Karoline Benoit

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