Dix ans après le départ des moines trappistes des Basses-Laurentides, l'abbaye d'Oka passe entre les mains de la firme Tridan et du Groupe Connexion, qui ambitionnent de restaurer l'édifice et de mettre en valeur le potentiel récréotouristique, événementiel et agricole du site.

La Corporation de l'abbaye d'Oka a annoncé lundi matin la vente finale de ses actifs aux partenaires des deux sociétés. Les négociations, qui concernaient l'édifice et 300 hectares de terres agricoles, avaient cours depuis un an.

Tridan est une firme montréalaise spécialisée en investissement immobilier, tandis que le Groupe Connexion, basé à Joliette, oeuvre dans le secteur de la production, de la transformation et du transport de marchandises agricoles.

La vente permettra à la municipalité d'Oka de recouvrer 850 000 $ en taxes municipales impayées.

« Il est certain qu’une nouvelle exploitation de l’Abbaye assurera la restauration de ce bâtiment ancestral, la reprise du paiement des taxes municipales, en plus de contribuer au maintien de plusieurs emplois », a déclaré par voie de communiqué Pascal Quevillon, maire d’Oka et président de la Corporation de l’Abbaye d’Oka.

« Il faut se rendre à l’évidence que l’exploitation d’un tel immeuble ne pouvait demeurer à notre charge et que tout ce potentiel récréotouristique, événementiel et agricole ne pouvait être mis de l’avant que par l’engagement d’investisseurs privés », a-t-il ajouté.

La Corporation de l'abbaye d'Oka était propriétaire des lieux depuis 2007, soit depuis le départ des pères trappistes pour Saint-Jean-de-Matha, dans Lanaudière.

Au fil des ans, d'importants efforts ont été déployés pour rentabiliser le site, mais en vain. La municipalité conserve d'ailleurs une dette résiduelle de 465 000 $ qui restera à être négociée auprès de Desjardins.

Il faut dire que la Corporation de l'abbaye d'Oka n'a jamais reçu d'argent de Québec, l'édifice n'étant pas classé au Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Il ne figure pas non plus dans l'inventaire du patrimoine religieux québécois, les moines ayant déménagé il y a plus d'une décennie.

« Quand j’ai entendu dire qu’on voulait faire des complexes immobiliers, qu’on voulait faire des condos, je me suis levé et j’ai déposé une offre d’achat conditionnelle à monter un projet fonctionnel », a expliqué le PDG de Tridan, Alexandre Triquet, en entrevue à l'émission Le 15-18, lundi après-midi.

S'il estime qu'il est encore trop tôt pour dire ce qu'il entend faire exactement de l'abbaye, M. Triquet affirme que sa priorité sera de mettre en valeur le caractère agrotouristique du site, « pour les familles, pour l'international, pour redonner ses lettres de noblesse à l'abbaye, pour la population ».

L’abbaye cistercienne a été fondée dans les années 1880, indique le site web de la municipalité. Ses religieux sont notamment connus pour avoir développé la célèbre poule « Chantecler » et pour avoir mis en marché le fameux fromage d’Oka, racheté depuis par la coopérative agricole Agropur.

Avec la collaboration de Catherine Contant

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