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L'absolution après avoir filmé ses partenaires sexuelles et partagé les images

Un étudiant de l'Université McGill ne conservera pas de casier judiciaire après avoir reconnu qu'il a filmé ses ébats sexuels avec trois mineures et partagé les images avec neuf de ses amis. Ezra Cohen, 19 ans, a obtenu une absolution inconditionnelle au palais de justice de Montréal, mercredi.

Un texte de Geneviève Garon

Ezra Cohen a eu des relations sexuelles avec trois adolescentes, alors qu'il avait 18 ans, en 2016. Il a filmé ses ébats et montré la vidéo à neuf de ses amis. Heureusement, « l'enregistrement était court et de mauvaise qualité, ce qui empêchait d'identifier les victimes », a précisé le juge Yves Paradis, de la Cour du Québec, avant de prononcer la peine.

Le jeune homme a été arrêté l'automne dernier « à l'école, face aux autres étudiants ». Il a collaboré à l'enquête et toutes les copies de la vidéo ont été détruites.

Il a mis fin soudainement aux procédures judiciaires en plaidant coupable pour avoir partagé une image intime d'une personne sans son consentement.

« J'avais peur de montrer mon visage »

Deux de ses trois victimes ont écrit des lettres déposées à la cour dans lesquelles elles décrivent à quel point elles ont été bouleversées par les agissements d’Ezra Cohen.

« L'année a été émotionnellement épuisante. J'ai fait de l'insomnie et me suis sentie déprimée », écrit l'une d'elles, qui ne voulait plus aller à l'école dans les semaines suivant le dévoilement des vidéos. « Je me suis isolée du monde. J'étais sous le choc, terrifiée, honteuse et embarrassée. [...] J'avais peur de montrer mon visage », ajoute-t-elle.

Une autre jeune femme s'adresse directement à Ezra Cohen et assure qu'elle ne lui pardonnera jamais. « Ce que tu as fait est une violation de nos corps, de notre confiance, de nos droits et de notre condition d'être humain », écrit-elle, avant d'insister : « Je ne suis pas ta victime ».

L'absolution malgré de « sérieuses hésitations »

Depuis son arrestation en novembre dernier, Ezra Cohen a suivi une thérapie et fait du bénévolat. Il s'est excusé auprès des victimes et le tribunal estime qu'il a des remords.

« De toute évidence, il n'était pas mature », a affirmé le juge Paradis, qui a relevé plusieurs circonstances aggravantes, comme le fait que les crimes se sont échelonnés sur une période de huit mois et ont fait plusieurs victimes.

Malgré de « sérieuses hésitations », le tribunal a entériné la suggestion commune des deux parties et octroyé l'absolution inconditionnelle à l'étudiant qui s'est engagé à ne pas troubler la paix pendant un an.

Ezra Cohen a quitté la salle d'audience en compagnie de ses parents, le visage dissimulé par leurs manteaux.

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