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L’accusé a caché le corps de sa conjointe enceinte sous le lit

Cheryl Bau-Tremblay avait décidé de rompre avec son conjoint alcoolique, lorsqu'il l'a étranglée et a caché son corps sous leur lit, il y a trois ans à Belœil. C'est ce que la Couronne a l'intention de prouver au procès pour meurtre d'Alexandre Gendron, qui affirme plutôt que la mort de la femme enceinte est un homicide involontaire.

Un texte de Genevieve Garon

« Ça va mal se passer pour nous si je descends ce soir. Et même demain. T’as carrément merdé. » C’est le message texte que Cheryl Bau-Tremblay aurait envoyé à son conjoint, le 31 juillet  2015.

La femme de 29 ans venait de passer plusieurs jours chez sa sœur après s’être disputée avec Alexandre Gendron et évoquait de retourner à la maison qu’ils partageaient à Belœil.

Leur relation était houleuse, à en croire leurs échanges dans les jours précédents.

Cheryl Bau-Tremblay se plaignait de sa consommation d’alcool excessive, était malheureuse et lui suggérait d’aller consulter un médecin. Elle lui a fixé un ultimatum : s’il ne cessait pas de boire, elle le quitterait.

Le 1er août 2015, elle lui a fait savoir qu’elle prenait la route vers Belœil. « Je te gage ma paie qu’on va se pogner. Deadline is over », a-t-elle écrit.

« Ça a dégénéré »

Cette soirée-là, la mère de la victime, Nicole Bau, a rapidement su qu’il était arrivé quelque chose à sa fille, puisqu’elle ne lui donnait aucune nouvelle.

Mme Bau, qui demeure à Saint-Félicien, a communiqué avec la police pour que des agents se rendent chez sa fille.

« Son conjoint est alcoolique. Il avait arrêté de boire, mais il a repris. Ça a dégénéré », a-t-elle expliqué à la répartitrice 911, selon l’enregistrement diffusé en salle d’audience. La femme a expliqué à la Cour avoir été guidée par son « instinct ».

Les policiers se sont rendus à la résidence le soir même et le lendemain matin. Ils ont rencontré Alexandre Gendron, qui a affirmé que sa conjointe était disparue, et ils n’ont trouvé aucune trace d'elle.

Ce n’est que le 6 août, après cinq jours de disparition, que les policiers ont obtenu un mandat de perquisition, fouillé la résidence et trouvé le corps de la victime dans un sac de couchage, sous le lit de la chambre principale.

Selon l’autopsie, la cause de la mort est l’asphyxie par strangulation.

Appel au 911 une semaine avant la mort

Une semaine avant sa mort, le soir du 24 juillet 2015, Cheryl Bau-Tremblay avait communiqué avec le 911.

« Je suis avec mon conjoint et ça ne se passe pas bien », a-t-elle affirmé, en pleurs. Elle a refusé de le nommer puisqu’elle ne voulait pas lui « nuire », mais elle a demandé la présence des policiers pour venir le calmer. « Il peut être agressif quand il est en boisson », a-t-elle dit, de l’inquiétude dans la voix.

C’est après cette dispute qu’elle est partie réfléchir chez sa sœur.

Après son arrestation, Alexandre Gendron a admis aux policiers avoir causé la mort de sa conjointe.

La défense a l’intention de convaincre le jury que c’est un homicide involontaire puisque l’accusé n’aurait pas eu l’intention de tuer Cheryl Bau-Tremblay.

« En droit criminel, ce n’est jamais beau. Ce que vous allez entendre et voir, c’est un drame terrible », a déclaré l’avocat d’Alexandre Gendron, Guy Quirion aux 12 jurés.

Dépendance à l’alcool

La mère et la sœur de Cheryl Bau-Tremblay ont témoigné que l’accusé avait de graves problèmes d’alcool.

« Si je prends une bière, je ne suis plus capable de m’arrêter », aurait-il déjà déclaré en présence des deux femmes.

Le couple se serait connu dans une maison de thérapie où la victime travaillait et où l’accusé avait suivi une cure de désintoxication.

Lors d’un séjour chez ses parents à Saint-Félicien, au cours de l’été 2013, la sœur de la victime, Cidjy Bau-Tremblay, aurait compté que Gendron avait bu en cachette « 72 bières en trois jours ».

Le procès doit durer cinq semaines. Alexandre Gendron devrait y témoigner.

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