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L'achat des fournitures scolaires, un rituel qui résiste encore au commerce en ligne

Juste avant la rentrée des classes, la course aux fournitures scolaires occupe des milliers de familles, qui continuent de préférer la traditionnelle virée des magasins plutôt que de se tourner vers les achats en ligne.

Un texte d’Anne-Louis Despatie

Selon le Conseil québécois du commerce de détail, les achats de matériel scolaire s'effectuent à 84 % dans les magasins à rayons, à 11 % dans les pharmacies et 5 % dans les papeteries et les librairies. En moyenne, les familles dépensent 176 $ par enfant, sans compter les vêtements.

Pour la famille Vézina, qui prépare la rentrée de Clarisse en 5e année du primaire et celle de Romane en 4e secondaire, il faut d'abord récupérer tout ce qu'il est possible de recycler dans le matériel des années précédentes.

Jean-Francois Vézina prévoit dépenser 200 $ pour compléter les listes de ses deux filles. Pour les achats, il n'est pas question pour lui d'aller dans un magasin à grande surface ni de commander en ligne.

M. Vézina préfère se procurer l'ensemble des fournitures scolaires chez un marchand indépendant. Il dit tout trouver à la Papeterie de l'Est parce que les employés connaissent bien les listes des écoles avoisinantes. De plus, c'est loin d'être une corvée pour lui.

« Ça fait partie du rituel de la rentrée, d'aller avec les enfants acheter leur matériel, c'est pour ça que je ne le ferais pas en ligne. C'est pour le plaisir de le faire ensemble » explique-t-il.

Le professeur Jacques Nantel reconnaît aussi que les fournitures scolaires se retrouvent dans la catégorie des achats ritualisés.

« On leur permet de choisir leur étui à crayons. Il y a l'odeur des gommes à effacer, souligne-t-il. Ça, ça ne disparaîtra pas complètement. Mais, au fil des années, une certaine proportion de ces dépenses va s'en aller sur le web forcément. Et une des raisons, c'est que le plus gros fournisseur de matériel scolaire, c'est Wal-Mart. Et Wal-Mart est de plus en plus en ligne. »

M. Nantel évalue à 2 % ou 3 % la proportion des achats de fournitures scolaires en ligne. C'est beaucoup moins que pour les voyages, les livres ou les produits électroniques, où le commerce électronique augmente de 30 % par année.

M. Nantel croit toutefois que ce n'est qu'une question de temps avant que le nombre de parents achetant le matériel scolaire en ligne augmente.« Dans le fond, l'enseignant pourrait mettre ça directement en ligne : c'est là, on coche, on se le fait livrer ou on va le chercher. C'est ça qui va faire basculer cet achat ritualisé [...] On a tous les ingrédients pour que cela bascule sur le web », souligne-t-il.

« Une fois que la liste est faite, vous la mettez en ligne pour l'ensemble des fournisseurs qui sont prêts à accepter ce système-là. Les Wal-Mart et Dollarama de ce monde vont être prêts à accepter les listes », conclut Jacques Nantel.

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