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L'activiste Marc Emery est remis en liberté

Le propriétaire de la chaîne Cannabis Culture, Marc Emery, a comparu par vidéoconférence samedi après-midi à Montréal pour avoir ouvert cette semaine six commerces de vente de marijuana récréative alors que la loi canadienne ne le permet pas encore. Il est notamment accusé de trafic de stupéfiants, de possession de stupéfiants dans le but d'en faire le trafic et de complot.

Il a été libéré, mais doit se soumettre à plusieurs conditions, dont l'obligation d'un dépôt de 5000 $. Il lui sera interdit, entre autres, de communiquer avec les autres personnes impliquées dans ce dossier, de se rendre dans un endroit où l’on produit ou vend de la drogue, de consommer, de vendre ou d'avoir en sa possession de la drogue au Québec. L'accusé sera de retour devant les tribunaux le 15 février prochain.

« Nos boutiques sont à Vancouver depuis des années. Si le maire de Montréal veut maintenir sa ville dans le passé et la répression, c'est son affaire », a affirmé Marc Emery après sa libération.

Marc Emery estime que le gouvernement Trudeau devrait présenter des excuses pour avoir emprisonné des gens qui ont vendu de la marijuana. Selon lui, rien ne justifie que la vente de cette drogue soit illégale au Canada.

Il dit avoir le soutien de la population et se dit prêt à faire tout en son pouvoir pour modifier la loi le plus rapidement possible.

Sa comparution intervient au lendemain de perquisitions policières dans les six boutiques montréalaises de Cannabis Culture. Plus de 40 livres (18 kg) de marijuana ont été saisies, ainsi que de l'argent et de l'équipement.

Le Service de police de la Ville de Montréal a effectué 10 arrestations, 4 femmes et 6 hommes, dont Marc Emery, surnommé « le prince du pot ».

Les suspects arrêtés sont âgés de 18 à 58 ans. Ils avaient tous été libérés sous promesse de comparaître, à l'exception de Marc Emery, qui avait refusé de signer le document de remise en liberté.

Sur Facebook, sa conjointe Jodie Emery a affirmé avoir été arrêtée aussi, puis relâchée après quatre heures. Elle a dit que les policiers avaient confisqué son téléphone, son ordinateur et sa tablette.

Ce n'est pas la première fois que « le prince du pot » effectue un séjour en cellule. Il a déjà été arrêté des dizaines de fois par le passé.

En 2010, par exemple, ce militant britanno-colombien avait été extradé aux États-Unis pour avoir vendu par la poste des semences de marijuana, accusation pour laquelle il avait plaidé coupable. Une peine de cinq ans de prison lui avait alors été imposée.

Provocateurs ou courageux?

Marc et Jodie Emery avaient inauguré leurs franchises montréalaises jeudi, soutenant que la démarche s'inscrivait dans un esprit de désobéissance civile.

Selon la politique de l'entreprise, tout client âgé de 19 ans ou plus peut y acheter de la marijuana sans carte de membre ni ordonnance médicale.

Ce type de commerce émerge au pays au moment où Ottawa prépare pour le printemps prochain un projet de loi afin de légaliser la marijuana à des fins récréatives. Cannabis Culture est déjà implanté dans plusieurs autres villes du Canada.

De son côté, le maire de Montréal, Denis Coderre, a déploré l'implantation de Cannabis Culture à Montréal, qualifiant l'initiative de « show » inutile, dans la mesure où la marijuana sera probablement légalisée bientôt par le gouvernement Trudeau.

Interrogé à l'événement annuel de l'organisme Moisson Montréal, ce matin, M. Coderre a dit qu'il ne comprenait pas pourquoi les militants procannabis se sont lancés dans une telle démarche de désobéissance civile alors que leur cause a déjà gagné.

Il a indiqué que la police n'avait fait que son travail « comme il se doit » en appliquant la loi actuelle.

De même, le premier ministre Trudeau avait prévenu à plusieurs reprises que le Code criminel devait être respecté tant et aussi longtemps que le projet de loi, attendu au printemps, ne serait pas adopté.

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