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L'agrandissement du Port de Montréal à Contrecoeur inquiète des agriculteurs

Des agriculteurs de la Montérégie craignent d'être expropriés en raison de la construction d'un Pôle logistique adjacent au terminal de manutention de conteneurs prévu à Contrecoeur par le Port de Montréal.

Un texte de René Saint-Louis, journaliste à l'émission Le 15-18

Selon l'Union des producteurs agricoles, une dizaine de cultivateurs risquent d'être expropriés si le pôle logistique est construit à l'endroit actuellement proposé, soit entre l'autoroute 30 et la route 132, juste au sud de la Montée Lapierre.

L'un deux fait déjà face à une demande d'expropriation déposée par la ville de Contrecoeur.

David Ménard dit se battre devant les tribunaux contre la ville depuis 2015 en raison du pôle logistique que la ville souhaite créer.

La terre visée par des mesures d'expropriation représente un cinquième des terres de David Ménard, donc environ 20 % de ses revenus.

La mairesse de Contrecoeur, Maud Allaire, refuse de commenter ce dossier, car il est devant les tribunaux. Impossible donc de confirmer si la terre de David Ménard doit être expropriée pour construire le pôle logistique ou encore élargir la Montée Lapierre, qui doit s'y rendre.

En ce qui concerne les autres agriculteurs, Maud Allaire trouve qu'il est trop tôt pour s'inquiéter. Elle rappelle qu'il s'agit d'un projet qui doit s'étendre sur plusieurs décennies.

L'étude d'impact de l'Agence canadienne d'évaluation environnementale sur l'agrandissement du Port de Montréal à Contrecoeur ne sera pas terminée avant la fin de 2019. On ignore quand aura lieu la première pelletée de terre, et le pôle logistique ne viendra qu'après, dit-elle.

Elle souligne aussi qu'avec ses 8000 habitants, ce n'est pas la ville de Contrecoeur qui mène la barque. Il y a d'autres joueurs dans le dossier : la MRC de Marguerite-D'Youville, qui compte six villes, la Communauté métropolitaine de Montréal, qui compte 82 municipalités, et six ministères. Le projet découle aussi de la Stratégie maritime du gouvernement du Québec.

La mairesse ajoute même que « la Ville n'a jamais dit qu'elle était acquéreur de ces terrains-là en aucun temps ».

La présidente du syndicat local de l'UPA pour le secteur Marguerite-D'Youville, Ginette Blondin, ne voit pas les choses du même oeil.

Elle affirme que lors de sa rencontre avec la mairesse, « c'était pour nous présenter le pôle logistique et les agriculteurs qui seraient expropriés ».

Ginette Blondin dit que l'UPA n'est pas contre le développement portuaire dans le secteur, mais elle soutient qu'il y a assez de terrains vagues où l'on peut construire sans avoir à empiéter sur le territoire agricole. Quand la zone blanche sera construite, dit-elle, il sera possible de discuter avec les agriculteurs. Mais d'ici là, « pourquoi aller détruire des champs qui nourrissent des familles »?

Le Port de Montréal, qui possède déjà certaines terres agricoles dans le secteur et qui les loue depuis des années aux agriculteurs, n'a pas voulu répondre à nos questions.

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