Ballou Jean-Yves Tabla, de l'Impact de Montréal, ne sait pas encore s'il jouera avec le Canada ou la Côte d'Ivoire sur la scène internationale. L'athlète de 18 ans réfléchit à cette question épineuse, au moment où la formation canadienne lui fait des yeux doux.

Un texte de Michel Chabot

Ivoirien de naissance, Tabla est arrivé au Québec pendant son enfance. Il possède donc une double citoyenneté qui lui donne présentement des maux de tête. Quel pays représentera-t-il? Penchera-t-il pour la Côte d'Ivoire, présentement classée au 48e rang de la FIFA? Ou se laissera-t-il tenter par le Canada, modeste 109e au monde, qu'il a toujours représenté depuis ses 14 ans?

« Ce n'est pas une décision facile », dit timidement le jeune attaquant.

Dimanche, celui qu'on surnomme Ballou a rencontré le nouveau sélectionneur du Canada, Octavio Zambrano, venu assister à la victoire de l'Impact sur Atlanta la veille.

« On a pu discuter à propos du futur et de ce qu’il compte apporter à l’équipe nationale. Il m’a fait un bon discours et je suis en train de réfléchir avec mes agents et ma famille. »

Mauro Biello considère que son jeune prodige doit bien peser le pour et le contre et ne surtout pas se laisser influencer.

Dès qu'il aura joué un match officiel chez les séniors avec l'une ou l'autre nation, Tabla ne pourra plus reculer. Mais il pourrait disputer la rencontre amicale du 13 juin prochain, contre le Curaçao, à Montréal, sans conséquence définitive. Il compte se décider à ce sujet plus tôt que tard.

« C’est mieux donner une réponse que de faire attendre. Il m’a dit de prendre mon temps et je discute avec mes proches. »

Zambrano l'a courtisé en lui faisant miroiter la possible tenue de la Coupe du monde de 2026 au Canada. Mais le numéro 13 de l'impact demeure ambivalent.

« C’est positif mais c’est un truc de long terme. Il y a plusieurs choses qui peuvent se passer avant ça. »

Biello s'est par ailleurs réjoui du fait que l'entraîneur d'origine colombienne, nommé par Soccer Canada il y a un mois, soit venu visiter son équipe.

« Il est venu voir le match et je trouve ça bien déjà parce que pendant des années, aucun entraîneur ne l’a fait, a dit Biello. Dans le passé il y avait des conversations par téléphone. Il faut avoir le feeling du coach, de ce que nous voyons tous les jours avec les joueurs canadiens. Nous voulons cette relation parce que c’est important que notre équipe nationale joue bien et se qualifie un jour pour la Coupe du monde.

Philadelphie en tête

L'Impact a repris l'entraînement mardi en prévision de son match sur le terrain de l'Union, à Philadelphie, samedi. La victoire de 2-1 contre Atlanta, la première en 6 matchs cette saison, a fait du bien mais Biello veut garder la pédale au plancher. Il sait que les prochains rivaux de ses hommes sont meilleurs que leur fiche de quatre défaites et deux nulles ne l'indique.

« C’est une équipe qui était dans les séries l’année passée. Ils sont dans une période difficile mais pour nous, il faut aller là-bas avec l’urgence qu’on avait contre Atlanta. On sait comment c’est difficile de remporter des matchs dans cette ligue et nous voulons continuer notre progression. »

Chris Duvall aussi se méfie de l'Union même si cette formation est toujours en quête d'un premier triomphe.

« Toutes les équipes doivent gagner un jour mais espérons que ce ne sera pas contre nous. Ils sont bons malgré leurs résultats. »

Duvall, venu en relève à Victor Cabrera dès la 21e minute samedi, pourrait être titularisé à Philadelphie.

Blessé à une cheville, Cabrera se soumettra à un test de résonnance par imagerie magnétique et sa présence semble improbable.

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