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L'arbre de joie : faire comprendre la pauvreté à des écoliers

Pour permettre aux familles défavorisées de Repentigny de vivre un Noël aussi magique que les autres, deux enseignantes et leurs élèves de l'école La Majuscule amassent des fonds et achètent des cadeaux aux enfants moins bien nantis.

Un texte de Dominic Brassard

Le projet, appelé « arbre de joie », permet aussi aux écoliers de deuxième année de mettre en pratique leurs connaissances en mathématiques, en français, de même qu'en éthique et en culture religieuse.

Au premier jour du projet scolaire, les enseignantes et leurs élèves font la lecture du conte de l'auteur Alain Bergeron intitulé L'arbre de joie, un livre qui raconte l'histoire d'enfants défavorisés. Dès lors, une collecte de fonds commence. Chaque jour, les enfants comptent l'argent amassé et pratiquent du même coup leurs additions.

Je me sens généreuse parce que les enfants démunis n'ont pas beaucoup de cadeaux et n'ont pas d'argent. Chaque fois qu'on compte les sous, moi, dans mon coeur, j'ai le goût de pleurer.

Une élève de deuxième année

L'enseignante Roxane Lavallée en est convaincue : ce projet permet de sensibiliser les élèves à une réalité parfois bien différente de la leur. Selon elle, ils prennent ainsi conscience « qu'il y a des enfants qui n'ont pas de cadeau à Noël dans notre école et dans la région. Donc, on leur montre qu'ils sont chanceux et ils me le disent! »

Cette année, les élèves ont amassé un peu plus de 2100 $ grâce aux dons du public. Au total, 40 enfants recevront ainsi un livre et un cadeau.

L'achat

Ce sont les élèves eux-mêmes qui choisissent les cadeaux, en fonction de l'âge et du sexe des enfants sélectionnés. Ils se rendent dans un grand magasin de Repentigny, où ils font leurs achats, conseillés par des parents accompagnateurs.

« Ce que j'aime là-dedans, c'est voir les yeux des enfants, ajoute l'enseignante Roxanne Lavallée. Ils savent qu'ils achètent des cadeaux pour d'autres enfants qui, eux, n'en ont pas. C'est le don de soi... Puis ça montre que donner, c'est encore plus important que recevoir à Noël », ajoute-t-elle.

Distribution

Les élèves de l'école La Majuscule remettent ensuite les cadeaux à l'organisme Fin à la faim, qui les distribue aux familles dans le besoin.

Pour la directrice générale de l'organisme, Colette Doré Thibaut, la pauvreté touche de plein fouet certaines familles de Repentigny.

Il y a eu énormément de pertes d'emplois dans notre région. Avec la fermeture d'Electrolux à L'Assomption, de Mabe à Montréal...

Colette Doré Thibaut, directrice générale de l'organisme Fin à la Faim

Selon elle, la majorité des bénéficiaires de l'organisme étaient l'an dernier des travailleurs à faible revenu, des familles monoparentales ou des personnes âgées qui demandaient de l'aide alimentaire.

Pour Colette Doré Thibaut, l'arbre de joie des élèves de l'école La Majuscule fait bien des heureux. « Que de purs étrangers fassent ça pour eux, ils n'en reviennent pas. Et ça les amène à donner au suivant! Et c'est comme ça qu'on change le monde, je pense », conclut-elle.

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