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L'ascension de Julianne Séguin et Charlie Bilodeau

Les patineurs artistiques Julianne Séguin et Charlie Bilodeau sont de retour au Québec après avoir obtenu, au cours de la fin de semaine dernière, à Vancouver, leur qualification pour les Jeux olympiques de Pyeongchang.

Un texte de Michel Chabot

Le couple qui s’entraîne à Chambly, au sud de Montréal, flotte encore sur un nuage après avoir remporté la deuxième place des Championnats canadiens.

« On commence à le réaliser, surtout avec les entrevues et les gens qu’on a côtoyés depuis longtemps qui nous écrivent de beaux messages, on commence à retomber sur la planète », raconte Séguin.

« Nous étions quatre couples avec un grand potentiel pour faire partie de l’équipe, mais il n’y avait que trois places disponibles, explique Bilodeau. Alors tout au long de l’année, nous avons dû garder notre sang-froid. Et là, même si c’est confirmé, nous sommes sereins. Probablement que là-bas, ce sera différent. »

Séguin, 21 ans, et Bilodeau, de trois ans son aîné, n’ont été surpassés que par Meagan Duhamel et Eric Radford, couronnés pour la septième fois de suite. Ils ont toutefois terminé devant Kristen Moore-Towers et Michael Marinaro.

Une performance remarquable qui égalait celle qu’ils avaient réalisée en 2016.

« Ce n’est pas une surprise mais ça faisait deux ans que les quatre meilleurs couples au Canada ne s’étaient pas rencontrés, dit Bilodeau. Nous avions fait des compétitions différentes donc c’est un peu dur de dire qui est le premier, le deuxième et le troisième couple. Là, on l’a vraiment vu. »

Un sommet personnel

Les 213 points récoltés, samedi, constituent leur meilleure note. Mais Séguin affirme que le duo ne se focalise pas sur les statistiques.

N’empêche, Bilodeau soutient que la jeune paire n’avait jamais aussi bien patiné.

« C’était la meilleure performance de notre carrière. Les points, ça peut varier de compétition en compétition mais au final, ce que nous avons fait là-bas, nous avons vraiment eu l’impression d’avoir vécu un grand moment entre nous deux et avec la foule. Chaque fois que nous mettons les pieds sur la glace, c’est ce que nous essayons de faire, de créer des moments magiques comme ça. »

Il est maintenant à souhaiter qu’ils puissent répéter l’exploit à Pyeongchang.

« J’ai vraiment l’impression que nous pourrons livrer une performance semblable, avec encore plus de liberté cette fois, estime le patineur de Trois-Pistoles. Maintenant que nous avons notre place, j’ai l’impression que nous avons une tonne de moins sur les épaules. »

« Nous voulons faire ce dont nous sommes capables, pas plus, pas moins, lance quant à elle Séguin. Nous venons de le faire dans une compétition où la nervosité était à son comble donc je crois que nous serons capables de reproduire ça et même encore mieux. Si on se base sur ça et non « on est aux Olympiques », je pense que les performances et l’expérience vont être là. »

Des obstacles à surmonter

Séguin et Bilodeau, qui ne forment pas un couple dans la vie, se réjouissent de leur succès, d'autant plus que de nombreuses embûches ont jalonné leur parcours.

En janvier 2017, Julianne a subi une commotion cérébrale qui l’a tenue à l’écart de la patinoire pendant trois semaines. Le retour a ensuite été très progressif. Ils ont raté quelques compétitions, mais ils ont pu prendre part aux mondiaux, à la fin mars, et se sont alors classés 11es, trois échelons plus bas qu’en 2015.

« C’est certain que les blessures, c’est quelque chose de gros, on ne sait jamais à quoi s’attendre, surtout la dernière qui était une commotion, relate Séguin. C’est difficile de dire si je vais bien ou pas, on ne voit pas à travers le cerveau.

Donc, c’était difficile de faire un entraînement sain sans me causer de symptômes. C’était difficile mais ce n’était pas si pire que ça, quand on est bien entourés. »

La jeune femme de Longueuil n’a pas été épargnée par les blessures. Une déchirure ligamentaire à la cheville a empêché le duo de participer aux mondiaux en 2016. L’année précédente, c’est son dos blessé qui lui avait causé des ennuis.

Bilodeau a pour sa part été forcé de se faire opérer au genou, en juin dernier. Mais c’est surtout les décès de son père et de son grand-père en 2014 qui l’ont éprouvé. Des événements qui lui ont permis de faire une introspection qui s’est avérée positive.

Le couple québécois a en effet remporté tous les Grands Prix à sa dernière saison junior, décrochant ensuite la médaille d’argent aux mondiaux juniors de 2016. L’automne suivant, à leur arrivée chez les séniors, ils ont pris le deuxième rang à Skate America, ce qui laissait présager de nouveaux sommets.

Préparation différente

Contrairement aux années précédentes, où ils se signalaient tôt en saison, les deux jeunes patineurs ont modifié leur préparation afin d’atteindre leur apogée plus tard au cours de l’hiver. Les Coupes du monde de l’automne devenaient ainsi moins importantes.

N’empêche, Séguin et Bilodeau ont pris part à deux Grands Prix, à Moscou et Osaka, finissant respectivement cinquièmes et quatrièmes.

« Nous amorcions les saisons gonflés à bloc, mais rendus aux mois de janvier et février, nos corps étaient plus fatigués et nous étions plus vulnérables pour les blessures, explique Bilodeau. On s’est dit ‘’allons-y un peu plus progressivement pour voir le sommet de la saison en janvier et février avec les championnats canadiens et les Jeux olympiques". Et c’est ce que nous avons été capables de faire à merveille. »

Ce plan été ébauché après avoir consulté la quinzaine de personnes qui les entourent : des médecins, des physiologistes et des spécialistes de la préparation mentale. Des rencontres mensuelles leur permettent d’évaluer comment la situation évolue et comment ajuster le tir afin d'atteindre les objectifs.

La stratégie semble avoir porté fruit. Il reste à voir ce que Julianne Séguin et Charlie Bilodeau récolteront en Corée du Sud, dans quelques semaines.

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