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L'athlète olympique Sharon Firth appelle à réfléchir sur les défis de la réconciliation

À l'occasion du lancement des Jeux mondiaux autochtones, qui se sont ouverts cette semaine à Maskwacis, au sud d'Edmonton, l'athlète olympique Sharon Firth a tenu à partager son expérience personnelle pour illustrer les défis que représentent le processus de réconciliation.

« Je veux que tout le monde ici réfléchisse à ce qu’il m’a fallu, mentalement et émotionnellement, pour représenter une nation qui a travaillé fort pour m’enlever mon identité », a déclaré l’athlète, membre de la Première Nation Gwich'in des Territoires du Nord-Ouest, à la foule présente au River Cree Casino, situé sur des terres de la Nation crie d'Enoch.

« Je veux être vraiment claire, je dis ceci sans rancœur. Je vous offre un aperçu de ce que ça peut prendre pour des gens comme vous et moi de sentir qu’on veut investir dans l’avenir », a-t-elle précisé, à quelques heures de l'ouverture des cérémonies officielles d'ouverture.

Jusqu’à 2 000 athlètes sont attendus pour prendre part aux épreuves traditionnelles et modernes. Au moins 29 pays seront représentés, dont l’Éthiopie, la Finlande et le Brésil.

Des jumelles pionnières

Sharon Firth et sa sœur jumelle, Shirley Firth, sont les deux premières femmes autochtones à avoir représenté le Canada lors des Jeux olympiques d’hiver.

Ensemble, elles ont accumulé 79 médailles lors de championnats nationaux, jusqu’à leur entrée au Panthéon des sports canadiens en 2015, soit deux ans après la mort de Shirley, décédée d’un cancer.

Originaires d’Aklavik, dans les Territoires du Nord-Ouest, les jumelles ont pris part à quatre Jeux olympiques, de 1972 à 1984.

« Nous n’avons jamais manqué nos pratiques, nous n’avons jamais manqué nos entraînements », a souligné l'athlète, un accomplissement remarquable vu les obstacles auxquels les jumelles ont dû faire face.

Sharon Firth a notamment fréquenté un pensionnat autochtone et raconte que sa famille vivait dans la pauvreté, aux prises avec des problèmes d’alcoolisme.

Pour Sharon Firth, le sport représentait une façon de s’en sortir.

Elle a donc été surprise de découvrir que les événements sportifs étaient souvent entourés de cette même ambiance de fête qu’elle essayait de fuir. Sa sœur et elle se sont soutenues mutuellement pour éviter les drogues et l’alcool, raconte-t-elle.

Mais elles ont aussi bénéficié des traditions autochtones, ajoute-t-elle. L’entraînement de ski de fond était une prolongation naturelle de l'activité physique impliquée dans le travail sur les lignes de trappe de sa famille, à vérifier les pièges et retirer les peaux des animaux.

Une lutte mondiale

Marcos Terena, qui a fondé les Jeux autochtones au Brésil en 2015, a félicité l’athlète pour son discours.

« Votre lutte est réellement inspirante parce que vous avez dû vous battre contre votre propre peuple, votre culture, votre nation, avec ce que vous savez faire de mieux », a-t-il déclaré par l’entremise de sa fille Tally Terena, qui est devenue émotive en traduisant les propos de son père.

Marcos Terena est l’un des 300 000 membres de la Nation Terena, dans le centre-sud du Brésil.

Il a expliqué qu’environ 300 nations autochtones à travers son pays doivent lutter pour les droits de leur territoire et les protections environnementales correspondantes, ainsi que pour la préservation de leur culture.

Les Jeux mondiaux autochtones sont une façon pour les Autochtones du monde entier de partager leurs expériences et leurs traditions, a-t-il ajouté.

Avec les informations d'Andrea Huncar, de CBC News.

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