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L'avenir d'Uber débattu dans les rues de Montréal

À l'aube du dépôt d'un projet de loi sur le transport rémunéré par le ministre Jacques Daoust, les opposants au service de transport illégal Uber, mais aussi ses partisans ont bruyamment fait valoir leurs points de vue, vendredi, au centre-ville de Montréal.

Arborant dans certains cas un t-shirt bleu portant l'inscription « Sauvons Uber Québec » - également utilisée comme slogan - plusieurs dizaines de chauffeurs et des clients du controversé service se sont rassemblés au square Victoria pour revendiquer leur droit d'exister.

Des clients se sont vu offrir un transport gratuit vers le lieu de la manifestation pour l'occasion.

De leur côté, des dizaines de chauffeurs de taxi représentés par le Syndicat des Métallos se sont rendus à la place Jean-Paul-Riopelle pour manifester aux côtés de la Coalition main rouge, qui dénonçaient les paradis fiscaux et les politiques d'austérité du gouvernement Couillard.

Ils ont justifié cette association en soulignant qu'à l'heure actuelle, Uber ne paie ni taxes ni impôts.

Les partisans d'Uber dénoncent d'ores et déjà le projet de loi du ministre Daoust qui, craignent-ils, aura pour effet de limiter les choix des consommateurs et entraînera la fin du service de transport au Québec.

Le directeur général d'Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, a tenté de se montrer conciliant envers les chauffeurs de taxi. Il n'en plaide pas moins pour une réglementation qui fait une place à son entreprise.

« Il faut diminuer la réglementation dans l'industrie du taxi. C'est vrai qu'ils ont trop de réglementation. Il faut diminuer les frais administratifs qu'il y a chez eux, et il faut augmenter les nôtres », a-t-il dit.

« Mais ce qu'il faut comprendre, c'est que ce sont deux services distincts », a-t-il poursuivi du même souffle. « Le gouvernement l'a fait dans le passé pour [le service de location de logements] Airbnb. Pourquoi ne voudrait-il pas le faire pour nous? »

Un chauffeur de taxi qui manifestait, Joseph Fortin, n'avait cependant pas le cœur au compromis. Comme d'autres de ses collègues, il soutient qu'Uber met en péril son gagne-pain.

Selon lui, le premier ministre Philippe Couillard et le ministre Daoust doivent tout simplement sévir contre Uber.

« Il n'est pas question d'un système de deux poids deux mesures. [Uber], ce n'est pas du covoiturage. Quand j'entends que c'est du covoiturage, ça me choque, parce que ce n'est pas vrai. Du covoiturage, les taxis sont pour ça », a-t-il lancé.

Les deux manifestations se sont déroulées sans incident, sous forte surveillance policière. Les deux groupes se sont croisés dans les rues de Montréal, mais en demeurant à quelques dizaines de mètres l'un de l'autre.

Des chauffeurs de taxi ont aussi été aperçus tournant autour du square Victoria et invectivant des chauffeurs.

Jacques Daoust doit déposer son projet de loi sur l'industrie du taxi avant le 12 mai en vue d'une adoption avant la fin de la présente session législative. Le ministre a toujours maintenu qu'Uber fonctionnait dans l'illégalité en vertu des lois québécoises.

« On va mettre en place un système qui est équitable », a indiqué M. Daoust vendredi. « Uber peut vivre à l'intérieur de ça. La preuve, c'est que Téo le fait avec des technologies fort similaires. »

Uber reçoit l'appui des jeunes libéraux

Les partisans d'Uber ont par ailleurs reçu un nouvel appui : celui de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec, le parti de Jacques Daoust.

La Commission-Jeunesse a diffusé un communiqué, vendredi, dans lequel elle réitère son soutien à la modernisation de la réglementation de l'industrie du transport rémunéré. Elle a par ailleurs invité ses membres à prendre part au rassemblement pro-Uber qui se tenait à Montréal.

Les jeunes libéraux estiment que « l'économie du partage devait être encadrée dans le plus grand intérêt économique et social de notre province ». « Atteindre cet objectif ne passe pas par le rachat des permis de taxi », disent-ils.

Le ministre des Transports du Québec a assuré de son côté qu'« il n'y a pas de conflit à l'intérieur du gouvernement » au sujet d'Uber, et que les jeunes libéraux sont libres d'agir comme bon leur semble.

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