Retour

L'éducation sexuelle à l'école : les jeunes en parlent

À l'approche du retour des cours d'éducation sexuelle dans les écoles du Québec, des commissions scolaires ont décidé de prendre le taureau par les cornes et d'aborder la question de front.

Un reportage de Marie-Laurence Delainey

L'éducation sexuelle peut représenter un sujet délicat à aborder pour les enseignants, et ceux-ci disposent de peu de matériel didactique. Cette situation a incité certaines commissions scolaires à faire preuve d'imagination et à innover.

L’école Jules-Vernes, à Montréal-Nord, offre en ce moment des cours d'éducation sexuelle à ses élèves du primaire. Comme 200 autres écoles du Québec, elle teste le contenu d'un cours qui deviendra obligatoire et sera offert dès septembre au primaire et au secondaire.

Le nouveau cours abordera de multiples questions liées à la sexualité, dont les agressions sexuelles, le sexisme et l'homophobie.

Le directeur de l’école Jules-Verne reconnaît que la mise sur pied de ce cours ne s’est pas faite sans heurts.

« Il y a eu certaines résistances, mais en même temps, c'est lié à l'arrivée d’un nouveau programme en éducation. Quand on regarde après trois ans, on se rend compte que les enseignants se sont mis en action, ils se sont approprié les apprentissages », a déclaré Christian Urbain.

Programme aboli

Au Québec, des années 1980 à 2000, l'éducation sexuelle était abordée dans le cadre d'un cours intitulé « Formation personnelle et sociale ».

Au début des années 2000, il a été aboli. Depuis ce temps, les commissions scolaires sont libres d'offrir ou non du contenu sur le sujet.

La Commission scolaire des Affluents, à Repentigny, possède son propre programme d'éducation sexuelle.

Le directeur de l’école Saint-Louis, à l’Assomption, croit que cette formation est fort utile, si l'on se fie aux récents cas de dénonciations, d’inconduite et d’agressions sexuelles.

« Quand on fait de l'éducation à la sexualité auprès des jeunes, ce n’est pas juste leur parler d’un sujet durant un court laps de temps. Dans ces projets-là, il y a différentes activités qui les emmènent justement à réfléchir », mentionne la sexologue Stéphanie Houle.

Ateliers et présentations théâtrales

En 2014, une vague de dénonciations d'agressions sexuelles a poussé le gouvernement du Québec à réfléchir sur les moyens d'éduquer les jeunes pour prévenir le problème. Des écoles ont choisi d’adopter différentes formules.

Certaines écoles se sont tournées vers les ateliers de prévention offerts par les centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS). D'autres, par exemple, ont même fait appel à des compagnies de théâtre.

« Souvent, on demande aux enseignants de parler de sujets délicats. Donc, ça leur permet d'avoir un outil qui n'existe pas », indique Jacques Piperni, président de Piperni spectacles sur mesure.

Marie-Claude Saint-Laurent, auteure et comédienne, dit voir des jeunes qui sont émus par des témoignages qu’ils reçoivent de la scène.

Les principaux intéressés demeurent toutefois les élèves, qui disent y trouver leur compte.

« Moi, je trouve ça important d'en parler au primaire parce que plus tard, si quelque chose arrive et que tu ne sais pas quoi faire, au moins tu vas l’avoir appris au primaire », affirme un élève.

Un autre élève entrevoit déjà son avenir. « La sexualité me guide vers le futur parce que je sais qu'au cégep et à l’université, il y a le développement et on est parfois amoureux. »

D'après un reportage de Marie-Laurence Delainey

Plus d'articles