Les Alouettes ont eu la main heureuse en acquérant les services de Chris Williams des Lions de la Colombie-Britannique au cours de l'hiver dernier. Après trois matchs, le rapide receveur de passe a déjà amassé 250 verges de gains aériens.

Un texte de Michel Chabot

À 30 ans, le petit numéro 3 est au comble de la joie alors qu’il semble avoir retrouvé sa touche et sa grande vitesse.

« J’adore ça jusqu’ici, répond avec conviction le sémillant athlète américain au sujet de son expérience montréalaise. Nous sommes une équipe en chantier mais quelque chose de spécial se prépare ici. Si nous continuons comme ça, tout ira bien. »

Diminué par une sévère blessure au genou, subie à la fin de la saison 2016, l’athlète de 5’9 et 155 livres a quitté le Rouge et Noir d’Ottawa pour l’équipe de Vancouver l’année suivante mais il n’a joué que 9 matchs, récoltant à peine 415 verges. Rien à voir avec ses trois saisons précédentes dans la Ligue canadienne alors qu’il avait chaque fois amassé plus de 1200 verges.

Mais ses statistiques en 2018, moussées par une performance de 130 verges dans la victoire en Saskatchewan, samedi dernier, sont enthousiasmantes.

Son entraîneur-chef se réjouit de sa présence au sein d’une attaque qui avait grand besoin d’un tel catalyseur.

« Il nous donne la confiance, au nombre de fois où nous lui avons envoyé le ballon l’autre jour, qu’il peut se détacher de ses couvreurs, explique Mike Sherman. Il crée des ouvertures. J’imagine que les défenses adverses savent où il se trouve sur le terrain. Ça crée des occasions pour d’autres joueurs parce que nos rivaux donnent beaucoup d’attention à Chris. »

La confiance sereine, Williams, lui, ne s’étonne pas de l’excellent départ qui connaît avec les Alouettes.

« Je ne m’attendais à rien d’autre, affirme pour sa part Patrick Lavoie, qui a aussi été son coéquipier pendant deux saisons à Ottawa. Il a eu un camp d’entraînement exceptionnel contre un demi défensif, Tommie Campbell, qui a aussi eu un camp exceptionnel. Ils ont beaucoup joué l’un contre l’autre et les deux ont bien paru alors ça augurait bien. C’est un gars qui a tellement de vitesse et qui est capable de produire plein de choses sur un terrain. »

Est-il aussi rapide qu’à ses beaux jours? La recrue de l’année dans la LCF en 2011 se contente d’acquiescer à cette question avec un large sourire. Le plaisir de retrouver son niveau d’il y a deux ans le rend manifestement heureux.

« Cette blessure est une bénédiction, en quelque sorte, dit Williams. J’ai pu me reposer et mon corps a pu guérir. J’ai recouvré la santé et surtout je me suis ennuyé du football, ce qui est une partie sous-estimée de cette histoire. Quand tu es au repos forcé, ça ravive la flamme et j’espère maintenant jouer autant que je le pourrai. »

Voilà donc une belle acquisition de la part du directeur général Kavis Reed, surtout que le natif du Texas sait se faire apprécier autant par son talent que par ses qualités humaines.

« C’est un gars qui est sweet, dit Lavoie. Il ne fait pas de vagues, il est là pour avoir du plaisir. Des fois quand un joueur amène des grosses statistiques et un gros salaire, ça peut être lourd dans un vestiaire. Lui c’est tout le contraire, il allège ça. »

« C’est un joueur entièrement dédié à l’équipe, assure quant à lui Sherman. C’est un gars amusant à côtoyer et je suis content qu’il soit avec nous. »

Matthews aux commandes

Sans surprise, c’est Jeff Matthews qui dirigera l’attaque des Alouettes, vendredi à Montréal, alors que le Rouge et Noir d’Ottawa sera en ville. Drew Willy, blessé, était absent de l’entraînement, jeudi.

Selon Chris Williams, la clé pour les Oiseaux sera de conserver le ballon le plus longtemps possible contre son ancienne équipe.

« Le défi de notre attaque sera de rester sur le terrain parce que c’est ce qu’ils [le Rouge et Noir] aiment faire, estime Williams. Ils courent bien avec William [Powell] et Trevor [Harris] est l’un des meilleurs quarts-arrière de la ligue. Il passe rapidement le ballon et il est précis. Si nous y arrivons, ça se passera en douceur. »

Une victoire laisserait les Alouettes avec un dossier de deux victoires et deux défaites avant d'entamer un congé d'une semaine. Une troisième défaite en quatre matchs rendrait cette pause beaucoup moins appaisante.

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