BILLET – Ma mère, Gertrude, avait l'habitude de dire qu'avec des si, on va à Paris, mais avec ça, on reste là. C'est un peu l'histoire de la première moitié de saison des Alouettes.

Un texte de Jean St-Onge

S'ils avaient un peu plus chanceux, si quelques décisions serrées des officiels avaient penché de leur côté, s'ils avaient été plus disciplinés et si Darian Durant avait évité quelques interceptions, les Alouettes auraient pu facilement inverser leur fiche de 3 victoires et 6 revers.

Au cours du prochain mois, Les Alouettes accueillent le Rouge et Noir à deux occasions et retournent à Toronto pour un dernier affrontement avec les Argos. Après ces trois rencontres, on aura une bonne idée de leurs chances d'accéder aux matchs éliminatoires.

Ottawa a gagné le premier match contre les Alouettes, ce qui veut dire que les hommes de Jacques Chapdelaine n’ont pratiquement pas le choix. Ils doivent gagner les deux dernières rencontres pour s’assurer de l’avantage en cas d’égalité.

Les moineaux ont partagé les deux premiers matchs contre les Argos et là aussi, ils peuvent s’assurer du bris d’égalité en gagnant le prochain.

Les Alouettes sont donc maîtres de leur destinée. Mais, jusqu’à présent, quand ils ont eu leurs chances, ils n’ont pu en profiter.

  • À Edmonton, ils menaient 13-12 au 3e quart quand ils se sont retrouvés à la ligne de 1 des Eskimos. Trois pénalités plus tard, ils se contentaient d’un placement de Boris Bede. Ils ont perdu par 4…
  • À Ottawa, ils avaient cinq points de retard avec deux minutes à jouer. Ils se rendent à la ligne de 9 du Rouge et Noir. Ils ont deux essais pour gagner deux verges. Jean-Christophe Beaulieu gagne une verge, puis Vernon Adams se fait stopper. C’est du moins l’opinion des officiels. Ottawa reprend le ballon et gagne par 5.
  • À Winnipeg, les Alouettes amorcent le 4e quart avec un premier essai à la ligne de 1 des Bombers. Deux courses stoppées plus tard, ils se contentent d’un placement. Les moineaux prendront quand même une avance de 12 points avec 100 secondes à jouer. Mais, Ils concèdent deux touchés, séparés par un botté court et s’inclinent par un point. Le touché de la victoire est marqué par Andrew Harris qui franchit la ligne par quelques millièmes de centimètres. C’est en tout cas ce que les officiels ont vu.
  • À Toronto, les Argos traversent le terrain rapidement pour prendre une avance de 7-0. Les Alouettes sont en position pour répliquer immédiatement, mais la poussée de 11 jeux se termine par une interception à la ligne des buts. Les Alouettes s’effondrent et subiront leur pire râclée de la saison.

Des changements qui laissent des traces

Les Alouettes ont amorcé une transition majeure cette saison, en laissant partir leur architecte des 21 dernières saisons à Montréal, Jim Popp.

Son successeur, Kavis Reed et le nouvel entraîneur-chef, Jacques Chapdelaine ont apporté des changements significatifs à l’effectif.

Ainsi, ils ont choisi de ne pas prendre de risques avec S.J. Green qui revenait d’une grosse blessure et Bear Woods, dont le dossier médical s’alourdissait.

Les gérants d’estrades étaient intrigués à l’origine et s’en sont donné à cœur joie quand les Argos ont infligé une râclée aux Alouettes.

La plus grosse décision de l’équipe montréalaise a peut-être été l’embauche de deux joueurs américains sur la ligne offensive.

Quand les Alouettes avaient cinq joueurs de ligne offensive canadiens, il était facile d’atteindre le minimum obligatoire de sept joueurs nationaux. Maintenant, c’est plus compliqué.

Les Alouettes ont tenté de compenser en embauchant des joueurs de ligne défensive canadiens, mais sans trop de succès.

Si la défense s’en est bien tirée en première moitié de saison, les nouveaux plaqueurs défensifs canadiens Keith Shologan et Jabar Westerman ont été plutôt discrets.

Des blessures qui font mal

Les Alouettes n’ont peut-être pas eu plus de blessées que les autres depuis le début de la saison, mais les blessures ont touché les Canadiens des Alouettes et c’est ce qui fait le plus mal.

Les moineaux ont été privés de Samuel Giguère lors des sept premiers matchs de la saison et le maraudeur Chris Ackie a vu sa saison se terminer à Winnipeg.

Individuellement, ces blessures sont importantes, mais jumelées, elles forcent les entraîneurs à faire des acrobaties pour respecter le ratio de joueurs canadiens.

Au camp d’entraînement, Giguère était le seul vétéran canadien à sa position, ce qui le rendait quasi indispensable.

Ackie lui, a accru sa valeur de façon quasi exponentielle en s’appropriant le poste de maraudeur et en offrant une polyvalence inestimable au coordonnateur défensif Noel Thorpe.

Porte ouverte

Ce qu’il faut retenir, c’est que, malgré les blessures et les cafouillages, les Alouettes sont encore au plus fort de la lutte dans la faible division Est.

L’attaque donne des signes encourageants. Sans receveur numéro un, mais avec quelques solides numéros 2 et 3, les Als peuvent marquer plus que la moyenne de 22 points qu’ils ont maintenue depuis le début de la saison.

Darian Durant devra cependant cesser de lancer le ballon aux gars de l'autre équipe. Et il faudra qu'on lui donne suffisamment de temps pour faire son travail correctement.

La défense a tenu le coup jusqu’ici. Il faut espérer que les vétérans Cox, Hebert et Bowman continuent de défier le temps et entraînent les jeunes dans leur sillage.

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