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L’équilibre linguistique est « parfait », réplique Québec aux activistes anglophones

À certains anglophones de Montréal qui revendiquent plus d'anglais dans l'affichage, la ministre de la Culture du Québec, Hélène David, répond que le visage français du Québec doit être protégé.

Le dossier est explosif et, pour ne pas mettre le feu aux poudres, Hélène David pèse bien ses propos : « La Charte de la langue française est claire depuis presque 40 ans. [...] Je pense que nous avons un équilibre parfait compte tenu de la situation », dit-elle posément.

La ministre David rappelle qu'en matière d'affichage, « c'est la nette prédominance du français qui est importante ». Ce qui n'exclut pas pour autant la présence « minoritaire, en plus petit » d'une autre langue, dit-elle.

« Il y a des choix de commerçants qui s'exercent », dit encore Hélène David.

Plus d'anglais « par respect » pour les anglophones

Or, pour Harold Staviss, avocat montréalais qui se définit lui-même comme un activiste anglophone, il y a des commerçants qui ne font pas les bons choix, particulièrement dans des quartiers où vivent quantité d'anglophones. Ces commerçants, affirme-t-il, devraient davantage tirer profit de ce que la loi leur permet, soit d'afficher en anglais.

Depuis janvier 2014, Harold Staviss mène son action de concert avec Ruth Kovac, conseillère de la Ville de Côte-Saint-Luc. Auparavant, a-t-il expliqué en entrevue à Gravel le matin, sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première, Mme Kovac et lui agissaient indépendamment l'un de l'autre, mais leur campagne de persuasion auprès des commerçants dure depuis des années.

Pour M. Staviss, c'est une question de respect : il ne se sent pas respecté lorsque « dans un magasin à Montréal, dans le West Island, à Laval, où il y a une majorité d'anglophones, il n'y a aucune enseigne en anglais ». « On demande du respect et respecter la Charte qui dit que la langue anglaise peut être dans les magasins », déclare Harold Staviss.

M. Staviss en a aussi contre les stations-service qui font leur réclame en français au Québec et prodiguent des conseils de sécurité en français. Même les indications routières au Québec devraient aussi être en anglais, dit-il, pour des questions de sécurité.

« Il y a des mots techniques que beaucoup des gens anglophones et peut-être même des francophones ne comprennent pas, critique-t-il. Quand vous conduisez sur l'autoroute et que vous voyez : "Allumez vos phares", c'est quoi ça exactement? »

L'Office québécois de la langue française en cause

Harold Staviss estime que les commerçants n'affichent pas en anglais, d'une part parce qu'ils connaissent mal leur clientèle et, d'autre part, parce qu'ils ont peur de l'Office québécois de la langue française (OQLF) « qui les arrête beaucoup », dit-il.

L'avocat montréalais va plus loin en déclarant que Montréal  « c'est pas une ville française ».

Pas question de rompre l'équilibre actuel

De son côté le maire de Montréal, Denis Coderre, a affirmé ne pas vouloir rouvrir le débat linguistique.

Du côté des partis d'opposition à Québec, le chef du Parti québécois (PQ), Pierre Karl Péladeau, rappelle que si des groupes « veulent faire évoluer la loi ou la changer, eh bien! qu'ils s'adressent aux personnes responsables c'est-à-dire au gouvernement. [...] Mais je peux vous dire que si le gouvernement s'aventure dans cette perspective, il risque d'y avoir une vive opposition », prévient-il.

« C'est clair qu'on ne touchera pas à la loi 101 », a tranché pour sa part François Legault, chef de la Coalition avenir Québec.

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