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L'Équipe Coderre « a mené une campagne terrible », admet le conseiller Lionel Perez

Réélu dans le district de Darlington, dans l'arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, le conseiller de ville Lionel Perez a publié sur Facebook un bilan de campagne virulent, mardi, dans lequel il tire sur tout ce qui bouge, à commencer par... sa propre formation politique.

« D'abord, l'Équipe Denis Coderre pour Montréal [EDCM] a mené une campagne terrible », écrit-il dans une rétrospective rédigée uniquement en anglais.

« Notre plateforme n'était pas inspirante et nous a en grande partie réduits à répéter ce que notre administration avait déjà fait ou annoncé – nous n'avons pas présenté de vision d'espoir pour un avenir meilleur. L'erreur de notre parti a été de penser que nos réalisations étaient à ce point incroyables [et oui, elles l'étaient] qu'un tel bilan serait suffisant pour nous la couler douce et terminer premiers à la ligne d'arrivée, admet-il. Ce fut une campagne défensive et, ultimement, une mauvaise stratégie que d'ignorer les particularités et la dynamique d'une course à deux, où tous les opposants à l'administration sortante pouvaient se réunir et prôner l'élection de "n'importe qui sauf le maire sortant". »

M. Perez suggère aussi d'importants problèmes structurels.

« D'un point de vue organisationnel, l'EDCM avait de sérieuses faiblesses. Plusieurs membres du caucus ne savaient pas trop qui était le véritable directeur de cette campagne. De plus, à trois jours du déclenchement de la campagne, nous n'avions toujours pas de directeur des communications ou d'attaché de presse, et dans les deux cas, ces personnes provenaient du bureau du maire. On ne peut pas faire campagne avec des gens qui embarquent au dernier moment. Il faut de la planification, une vision et une structure efficace – nous n'avions rien de tout ça.

« Projet Montréal a mené une excellente campagne »

Si le conseiller reconnaît que ses adversaires ont mené « une excellente campagne », il leur reproche néanmoins d'avoir avancé des faits erronés et d'avoir fait dévier le débat sur des enjeux secondaires.

« Comme ils ne pouvaient pas nous battre en critiquant notre bilan, ils en ont fait un référendum sur la personnalité de Denis Coderre, estime-t-il. Son meilleur atout est devenu son principal handicap. Projet Montréal a exploité cela, et les médias étaient beaucoup trop contents pour ne pas jouer le jeu. »

Le rôle de la presse dans les dernières élections revient à quelques reprises dans l'autopsie de Lionel Perez, visiblement amer quant aux sujets qui ont dominé les six semaines de campagne.

« EDCM a sous-estimé le ressentiment que les vastes travaux d'infrastructure, les bancs de granit sur le mont Royal, l'interdiction des pitbulls et la formule E génèreraient », analyse-t-il. Ces sujets – dont « les médias se sont gavés », précise-t-il – ont pris la forme, selon lui, d'un « tsunami incontrôlable » symbolisant l'arrogance du maire plutôt que « sa persévérance » à améliorer le sort de Montréal.

Mais « les électeurs ont fait leur choix et il nous faut le respecter », conclut-il. « Le temps dira s'ils avaient raison. »

Lionel Perez a été réélu avec 42 % des voix et 607 bulletins d'avance sur son plus proche rival, le candidat de Projet Montréal Graham Carpenter, qui a récolté 32 % du vote. Il sera le seul élu de l'Équipe Coderre au conseil d'arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. Les autres sièges seront tous occupés par des élus de Projet Montréal, sauf celui de Snowdon, remporté par Marvin Rotrand, de Coalition Montréal.

M. Perez était responsable des infrastructures, de la Commission des services électriques, de la gouvernance et de la démocratie ainsi que des relations gouvernementales dans le dernier comité exécutif. Il le demeurera jusqu'au 16 novembre, date à laquelle seront assermentés les nouveaux élus.

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