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L'exemple de Vancouver peut-il servir à Montréal pour la gestion de la circulation?

L'utilisation de policiers pour gérer la circulation aux abords des chantiers à Montréal entraîne des coûts importants et critiqués. On évoque souvent l'exemple de Vancouver, où des civils sont chargés de cette tâche depuis maintenant 17 ans.

Un texte de Jean-Sébastien Cloutier

Ils ont leur uniforme, leur véhicule et ressemblent à s'y méprendre à des policiers. Cet automne, ils étaient 70 à faire partie de ce programme appelé Traffic Authority, offert par la police de Vancouver.

En voici un, par exemple, sur le chantier d'une rue achalandée du sud du centre-ville :

Et là, avant un match de hockey des Canucks, autour de leur amphithéâtre, le Rogers Arena :

Leur formation est payée et dure deux mois. Les candidats doivent ensuite réussir un examen avant d'être assermentés, puis embauchés. Le salaire d'un employé du Traffic Authority varie de 22 $ à 26 $ l'heure, selon l'ancienneté.

À Vancouver, l'expérience semble être un succès, mais ni la Ville ni la police n'ont voulu accorder d'entrevue à ce sujet. La police nous a même interdit d'interviewer qui que ce soit du programme, sous prétexte de ne pas vouloir s'immiscer dans les affaires de Montréal.

Enjeu de négociation

Il n'y a pas de programme semblable à Montréal. En vertu de la convention collective du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), ce sont ses agents qui ont le mandat de diriger la circulation dans la métropole.

Les policiers le font sur une base volontaire et sont alors payés à temps et demi. Selon leur grade, ils gagnent alors entre 37 $ et 70 $ l'heure. C'est donc en moyenne une trentaine de dollars de plus en salaires, chaque heure, par rapport à ce qui est payé à Vancouver.

« Nous pensons qu'il y a une meilleure façon d'utiliser les ressources du SPVM et, donc, on est en train de négocier actuellement avec eux pour justement trouver cette autre solution », affirme le responsable des infrastructures à la Ville de Montréal, Lionel Perez.

La Ville en fait même un enjeu prioritaire dans les négociations difficiles pour renouveler la convention collective des policiers. Le fonctionnement actuel lui coûte en effet de plus en plus cher.

« C'est une question de trouver la bonne catégorie d'employés à la Ville de Montréal ou du SPVM pour compléter cette fonction-là. On est en train d'explorer que ça peut être des cadets du SPVM, explique Lionel Perez. On va sauver de l'argent aux contribuables, ce qui est ultimement le but recherché. »

Les signaleurs se manifestent

Les signaleurs routiers du Québec voudraient bien faire le travail. « Un policier, c'est à peu près une soixantaine de dollars l'heure, un signaleur, c'est la moitié de ça. Donc, on pourrait sauver la moitié de la facture », soutient le président de l’Association des travailleurs en signalisation routière du Québec, Jean-François Dionne.

On compte plus de 2000 signaleurs routiers au Québec, au salaire de 28 $ à 35 $ l'heure.

« La Ville de Montréal, ils ont gardé la porte ouverte, mais du côté syndical, il y a des négociations présentement, alors c'est sûr qu'ils ne sont pas intéressés tout de suite à en parler, mais on pourrait collaborer avec eux », dit M. Dionne.

Ni le SPVM ni son syndicat, la Fraternité des policiers et policières de Montréal, n'ont voulu nous accorder d'entrevue. On sait qu’ils souhaitent conserver cette tâche et soutiennent que les Montréalais ne respecteront pas autant les règles si ce n'est pas la police qui fait le travail.

Ce sont d'ailleurs des policiers qui gèrent le trafic un peu partout au Québec et le Code de la sécurité routière ne permet pas aux signaleurs d'intervenir en toutes circonstances. Le modèle de Vancouver ne sera donc peut-être pas appliqué de sitôt à Montréal.

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