Contrairement à Vancouver et à Toronto, il n'y a pas de bulle immobilière à Montréal et il n'y aurait aucun risque pour le moment, et ce, même si Montréal a la cote à l'étranger et attire de plus en plus d'acheteurs.

Un texte de Jean-Michel Leprince

Le marché immobilier à Montréal, et au Québec dans son ensemble, se porte bien depuis plusieurs années, et les agents comme les courtiers font de bonnes affaires. L’économie est florissante, le chômage est à un minimum historique. Le Québec et sa métropole attirent les acheteurs.

Les principaux acheteurs étrangers sont encore francophones, d’Europe et du Maghreb, suivis par les Américains. Mais les Chinois sont de plus en plus nombreux. Surtout qu’il y a maintenant des vols directs entre Montréal et Pékin ou encore entre Montréal et Shanghai.

Le site immobilier chinois par excellence, Juwai, explique que les Chinois sont de plus en plus riches. D’ici 2022, la Chine comptera 220 millions de personnes dites « aisées ». Nombreux sont ceux qui choisiront Montréal, après Vancouver et Toronto. Cette clientèle a toutefois ses exigences.

Engel & Völkers est une compagnie de Hambourg, en Allemagne. Récemment installée au Québec, elle se spécialise dans les résidences de luxe et le marché des investisseurs étrangers. Pour le marché chinois, il lui fallait un courtier comme Lu Yi.

Né dans le sud de la Chine, arrivé jeune au Québec avec ses parents, il a étudié en affaires à l’Université Concordia. Il est trilingue. Il a commencé dans l’immobilier à temps partiel pendant ses études, puis il a accepté une offre de Patrice Groleau qu’il ne pouvait pas refuser. Il a 24 ans seulement et ses affaires de courtier vont plutôt bien : une vingtaine de clients par semaine, qui vont conclure une transaction dans 90 % des cas. Avec ses clients, il utilise constamment les médias sociaux chinois : WeChat, qui permet de communiquer et de réaliser des transactions rapides et en toute sécurité, en plus du site immobilier chinois Juwai.

La priorité à l’éducation, et non pas à la spéculation

Nous avons accompagné Lu Yi et des clients, originaires comme lui de la région de Shanghai et avec qui il parle mandarin. C’est un couple avec un enfant, qui vit à Montréal depuis plusieurs années. Ils cherchent une maison à Ville Mont-Royal, à cause des écoles : primaire et secondaire, francophone et anglophone, au choix.

Selon Lu Yi, en général, les achats de ses clients confirment leur intérêt pour l’éducation. Il vend surtout des appartements en copropriété dans le centre-ville. Ses clients chinois choisissent leurs immeubles souvent à proximité de l’Université Concordia ou de l’Université McGill.

En fait, toujours selon le site Juwai, 64 % des Chinois aisés songent sérieusement à aller vivre à l’étranger. Les deux tiers d’entre eux y achèteraient une résidence, et 83 % voudraient y éduquer leurs enfants.

Patrice Groleau confirme que Montréal et le Québec ont ce pouvoir de rétention.

Alors, quels sont les risques d’une bulle immobilière à Montréal, après Vancouver et Toronto? Rien à l’horizon pour l’instant, selon plusieurs agents immobiliers. Ça a commencé à Vancouver, maintenant la bulle gonfle à Toronto. Ici à Montréal, c’est comme la météo, on a le temps de la voir venir. « C’est notre zone de confort », conclut Patrice Groleau.

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