Patrice Bernier a assisté à la victoire du Canadien contre Détroit samedi dernier. Pendant ce temps, Mauro Biello courait les arénas de Gatineau avec son fils en tournoi. Et le capitaine retournera encourager le Tricolore au Centre Bell samedi. Décidément, la préparation du match le plus important de la saison passe par le mode hockey.

Un texte de Jean-Patrick Balleux

Appelons simplement cette situation le dernier repos du guerrier avant le match du 22 novembre contre le Toronto FC (et le match retour, le 30 novembre à Toronto).

Le club espère annoncer d'ici mercredi qu'il fera salle comble pour la phase aller de la finale de l'Est. 61 004 spectateurs au Stade olympique, on n'a pas vu ça depuis la défaite de 4-2 contre le Club América, le 29 avril 2015, en finale de la Ligue des champions de la CONCACAF. 

« Ce sera le dernier match de la saison (à domicile). Tu veux donner une belle image à tes partisans. Et si on fait bien, on va aller peut-être jouer deux matchs à l'extérieur, lance Bernier, pas du tout surpris par la réaction des partisans. À Montréal, quand on entend le mot "finale", les gens ont tendance à venir sans y penser. »

Si Bernier avait raté le rendez-vous historique contre América, il entend bien se reprendre cette fois... parce que « des matchs comme ça n'arrivent pas tous les jours. »

Une rivalité grandissante

La rivalité entre l'Impact et le Toronto FC a pris du galon depuis les deux victoires montréalaises contre ce rival à la fin de 2015. Après six matchs cette saison, des défaites, des victoires, mais surtout 3 nulles. D'un côté, Montréal fait office d'équipe Cendrillon depuis qu'il a éliminé les invincibles (depuis juillet) Red Bulls de New York en demi-finale de l'Est. De l'autre, Toronto a enfoncé 7 buts sans réplique dans la gorge du New York City FC. Difficile donc, de départager un favori.

« C'est la première fois que les deux équipes se rendent à cette étape, mais ça démontre l'importance de la rivalité, croit Hassoun Camara. Le défenseur semblait souffrir à un pied après l'entraînement sous un soleil radieux. C'est très bien pour la rivalité, mais aussi pour l'importance du Canada dans cette ligue (MLS). »

Bernier a appris à détester les équipes ontariennes et torontoises depuis les matchs de son enfance aux Championnats canadiens des moins de 15 ans. « Ça ne change pas, il y a une saveur de prouver qu'on fait mieux qu'eux. J'en ai joué plus d'une vingtaine contre eux. Le but, c'est de battre Toronto et de pouvoir s'en vanter », lance le milieu de terrain. Bernier écoule la dernière année de son contrat et portera peut-être le 22 novembre le Bleu-blanc-noir pour la dernière fois devant SA foule. Parce qu'en cas de victoire au total des buts, Montréal se hisserait en finale de la MLS (jouée sur un seul match) le 10 décembre au Colorado ou à Seattle.

Préparation par étapes

« On a commencé notre préparation sur ce qu'on doit faire pour déséquilibrer Toronto, dit Biello. En même temps, on s'attarde aussi sur ce à quoi on peut s'attendre d'eux. Demain (mardi), on fera un petit match intraéquipe pour retrouver un peu de rythme au niveau du groupe. »

Laurent Ciman (lundi), Ambroise Oyongo et Johan Venegas doivent revenir de matchs internationaux amicaux d'ici quelques heures. La vraie préparation devrait donc commencer jeudi au lendemain d'une journée de congé.

« On va couper la semaine (en deux) mercredi. On ne veut pas mettre trop de pression sur "Toronto, Toronto et qu'est-ce qu'on doit faire pour battre Toronto?" Il faut préparer les joueurs tranquillement et les amener dans le bon esprit en vue du match de mardi soir », conclut Biello. 

Le bon esprit, voilà le mot clé.  L'entraîneur sait très bien que son club, en cas de perte de concentration, même si le stade est rempli, peut courir à sa perte. L'Impact l'a vécu une fois face à América. Une fois de trop.

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