BILLET - La semaine dernière, avant que l'Impact affronte Atlanta United, je discutais avec un collègue quand j'ai émis une hypothèse mi-ironique : la série perdue contre Toronto à l'automne 2016, le Bleu-blanc-noir l'aurait gagnée avec un Rudy Camacho en phase avec ses coéquipiers.

J’avançais ainsi, dans cette douteuse supposition, que Camacho aurait cadré dans la défense conservatrice parfaitement assumée de l’Impact au cours de ce parcours éliminatoire. Qu’un meneur d’hommes de plus n’aurait pas fait de tort. Que l’Impact aurait pu, avec ce défenseur réaliste qui tente de faire son boulot sans se casser la tête, éviter quelques-unes des bêtes erreurs qui l’ont coulé contre Toronto.

Et voilà que, pendant 70 minutes, en Georgie, les Montréalais ont offert une remarquable performance défensive. Bloc compact, déplacements synchronisés, quelques contre-attaques bien menées.

L’approche n’était pas aussi radicale qu’en 2016, mais on aurait par moments cru reconnaître cette équipe qui se faisait un malin plaisir de frustrer un adversaire mieux outillé qu’elle. Et Camacho, s’il a connu sa part d’ennuis depuis son arrivée au club, a cette fois paru beaucoup plus à l’aise.

Bon, ça s’est gâté par la suite. Pour tout le monde. Ces 70 minutes, tout de même, demeurent encourageantes.

Elles suscitent également une poignée de questions.

L’Impact peut se réjouir d’avoir vu sa défense, malmenée au cours du mois d’avril, se rassurer pendant les trois quarts d’une rencontre. Mais cette réussite trahit-elle la nécessité de se rabattre, encore une fois, sur un bloc bas et quelques exploits en transition offensive?

Rémi Garde, malgré ses bons coups jusqu’ici et sa rafraîchissante honnêteté, ne semble pas avoir beaucoup d’autres choix pour l’instant. Peut-être le calendrier plus chargé du stade Saputo offrira-t-il d’autres réponses sur le plan du jeu? Peut-être aussi le retour des nombreux blessés agira-t-il comme un remède miracle sur cette équipe? Impossible de le dire.

Mais en cette année où on a confié au nouvel entraîneur le mandat de produire plus de jeu, un constat s’impose : changer l’identité d’une équipe, ça prend du temps. Beaucoup de temps.

Ça prend tellement de temps qu’à Atlanta, à voir la défense tenir le coup près de son propre but et se liquéfier lorsqu’elle a tenté le tout pour le tout en fin de match, c’était à se demander si on a recruté dans l’optique de jouer davantage au ballon ou de continuer à exceller en contre-attaque.

Rome ne s’est pas faite en un jour. Pas plus que Bologne, d’ailleurs. Cet Impact a encore besoin de renforts, et ceux-ci ne viendront pas avant le 10 juillet, date à laquelle les clubs de MLS pourront de nouveau ajouter des joueurs à leur effectif. (D’ici là, un club peut quand même échanger un montant d’allocation à un concurrent contre sa dernière place libre de joueur étranger, par exemple.)

L’Impact devra trouver le nouveau coéquipier qui répondra à la question suivante : comment ce collectif parviendra-t-il à véritablement jouer au ballon sans qu’on laisse cinq pauvres âmes se débrouiller seules pour éviter la catastrophe derrière?

Et au-delà de cet agent liant, ne négligeons pas non plus le poste d’attaquant. Équipe de transition assumée depuis son entrée en MLS, l’Impact n’a réellement changé ses méthodes que dans les derniers mois de 2015, quand un nouvel avant-centre a aidé l’équipe à profiter de toutes sortes de situations de jeu qu’elle n’avait pas été capable d’exploiter pleinement jusque là.

Le hic, c’est que cet attaquant s’appelait Didier Drogba. Et du temps, il n’en avait pas tant que ça.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Les 10 meilleures destinations vacances lorsqu'on est végane





Rabais de la semaine