L'entraîneur-chef de l'Impact de Montréal, Rémi Garde, n'a eu aucun scrupule à réaffirmer mardi sa déclaration de la fin de semaine : « Oui, on manque de talent. Je ne vais pas corriger mes propos. »

C’est ce que le maestro avait lâché à la suite de la défaite de 2-0 de son équipe samedi contre le Minnesota United FC. Sa déclaration mettait l’emphase sur les quatre derniers matchs perdus par blanchissage et à tout ce qui a mené à cette pauvre fiche de 3-10-0.

Or, quelques minutes avant de fouler le terrain fraîchement arrosé de son site d’entraînement mardi, les joueurs ont tempéré, même s’ils ont été blessés par la remarque.

Voilà déjà quelques ondes qui se brouillent. Du reste, Samuel Piette n’a pas été le seul à prendre ombrage. « On a reçu ça probablement aussi bien que vous l’imaginez, a renchéri Evan Bush. Je n’en ai pas parlé avec beaucoup de gars. Je ne connais pas le contexte dans lequel il a dit ça, donc je n’ai pas grand-chose à dire là-dessus », a-t-il conclut.

Rémi Garde ne corrige pas, mais étoffe.

« On s’est présentés 17 fois en position de tir. C’est le meilleur total pour une équipe à l’extérieur cette journée-là. On n’a pas été suffisamment adroits. Je n’ai pas décortiqué toutes les réactions que ça avait engendrées. Ce n’est pas mon travail. C’est simplement un constat par rapport aux statistiques », a expliqué l’entraîneur.

Pour Garde, on n’a pas besoin de regarder bien loin pour trouver une solution à ce manque de talent.

« C’est exploiter son talent par le travail et par l’investissement. Je n’ai pas voulu dire que mes joueurs manquent de volonté globalement. On est un groupe d’une vingtaine de joueurs, donc on ne peut pas à la fois parler individuellement et collectivement, et mettre tout le monde dans le même panier. Il y a des attitudes différentes. J’ai parlé de volonté à la fin du match, ce n’était pas tout à fait de la volonté. C’est plutôt que le niveau de sacrifice dont chacun est capable n’est pas homogène. »

Bon an mal an, celui qui a entretenu la production offensive de l’Impact s’est tu au cours des derniers matchs. En effet, Nacho Piatti ne démontre pas l’aplomb qu’on lui connaît. « Je pense que la semaine précédant le match (contre Minnesota) avait été compliquée pour Nacho », a justifié l’entraîneur-chef.

Rémi Garde a laissé sous-entendre que Piatti a très mal accueilli la déclaration incendiaire de Joey Saputo après la défaite de l’équipe contre le Galaxy de Los Angeles, le 21 mai. Le président s’était interrogé en entrevue à la radio sur la pertinence de reprendre le salaire consenti à Piatti pour le répartir entre plusieurs joueurs éventuels.

Le mercato, un pavé dans la marre

Les ondes se brouillent aussi sérieusement en ce qui a trait à l’attente de la fenêtre des transferts internationaux qui s’ouvre le 10 juillet. À l’évidence, les allusions publiques du président quant au prochain mercato n’a pas torpillé que le moral de Piatti. Rémi garde l’a d’ailleurs souligné mardi.

J’ai essayé de faire en sorte que ce ne soit pas quelque chose de préoccupant pour les joueurs parce qu’on en est très loin de ce marché d’été. Ce n’est pas moi qui ai mis ça sur le tapis. Il se trouve que l’actualité fait qu’on en parle beaucoup plus tôt et maintenant, moi, j’essaie de maintenir tout le monde.

Vous entendez la friture sur la ligne?

Si on additionne l’apparition des joueurs à un entraînement lundi qui devait être jour de congé et un certain ton d’exaspération à l’entraînement, mardi, force est de constater que les ondes se brouillent.

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