Au lendemain de la proposition d'Uber de payer une taxe de 10 cents pour circuler légalement, l'industrie du taxi dévoile les grandes lignes de son mémoire pour l'avenir de la profession : code d'éthique, formation, virage écologique et économie de partage.

Le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT) a remis son mémoire au ministre des Transports, le 14 août dernier, à la suite de la consultation sur l'état de l'industrie, et il attend une rencontre avec Robert Poëti.

Le ministre s'est toujours opposé au service de covoiturage commercial Uber, mais à la suite des propos du premier ministre Philippe Couillard, qui s'est montré ouvert à l'encadrement de ce nouveau type d'offre de transport, l'industrie s'inquiète.

Le négociateur du CPCDIT, Guy Chevrette, demande au gouvernement de clarifier sa pensée sur la légalisation d'Uber. Par ailleurs, M. Chevrette a tourné en ridicule la proposition d'une taxe de 10 cents par course de son concurrent.

« C'est quasiment une farce monumentale. Il vaut mieux en rire qu'en pleurer. Donner 10 cents par course quand ils n'ont pas à payer le permis, l'assurance responsabilité pour couvrir les citoyens qu'ils transportent, le bureau du taxi qui fait deux inspections par an, ils n'ont pas à payer la TPS ni la TVQ. S'il fallait que M. Couillard donne suite à son ouverture, il viendrait tout simplement appauvrir l'industrie du taxi qui compte 22 000 familles et environ 40 000 personnes qui en vivent au Québec », a martelé Guy Chevrette.

Priorité : la modernisation

Il est plus urgent que jamais que l'industrie du taxi se modernise pour contrer la concurrence. Dans son mémoire, le Comité provincial propose une meilleure formation des chauffeurs de taxi, adaptée à la réalité de 2015.

Toujours dans un souci d'amélioration du service à la clientèle, l'industrie veut mettre sur pied un code d'éthique qui serait signé par tous les chauffeurs.

Par ailleurs, le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi veut obliger tous les chauffeurs de taxi à accepter le paiement par carte bancaire et réclame une facilité pour les citoyens à communiquer avec les chauffeurs de taxi.

L'entreprise Paxi Technologies a annoncé mardi le lancement en décembre d'une application permettant aux clients de repérer puis de payer les chauffeurs avec leur téléphone intelligent, à l'instar de ce qu'offre Uber.

« C'est faux de dire que Uber X fait de l'économie de partage. L'économie de partage, c'est quand on partage la facture », souligne le président du conseil d'administration du CPCDIT, Dory Saliba, qui réclame de la flexibilité de la part du gouvernement. 

M. Saliba évoque la possibilité pour les chauffeurs de taxi d'embarquer plusieurs clients à certains moments de la journée, comme pendant l'heure de pointe, qui se partageront la facture.

L'industrie du taxi dit que si elle tarde à se moderniser, c'est parce qu'elle est régie par la loi et que toute modification doit être approuvée.

Elle veut aussi effectuer le virage vert, mais demande au gouvernement un programme incitatif et davantage de bornes de recharge pour passer à la vitesse supérieure.

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