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L'industrie du taxi réclame une injonction contre Uber

Favorables à une réforme de l'industrie du taxi, ses représentants réclament préalablement, toutefois, une loi spéciale ou une injonction interlocutoire afin de mettre fin rapidement aux pratiques illégales d'Uber.

« Il y a une urgence à régler [le problème de] l'illégalité du taxi, l'illégalité d'UberX pour être bien franc », a déclaré le porte-parole du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi, Guy Chevrette.

L'ancien ministre péquiste estime qu'il y a péril en la demeure puisque des chauffeurs de taxi ne parviennent plus à vivre de leur travail. Une fois la loi spéciale, qui pourrait ne compter que quelques articles, ou l'injonction déposée, M. Chevrette estime qu'il sera possible de prendre le temps de réformer l'industrie en élaborant un projet de loi en bonne et due forme.

Il croit qu'une telle réforme peut toutefois prendre plusieurs mois et que plusieurs chauffeurs de taxi ne pourront survivre aussi longtemps avec la concurrence illégale d'Uber. « On sait quand ça commence au Parlement, mais on ne sait pas quand ça finit », souligne l'ancien député qui y a siégé pendant plus de 25 ans. « Ce n'est pas le temps de peinturer la salle de bains quand la maison est en feu », illustre-t-il.

Le porte-parole de l'industrie est toutefois conscient de l'importance de réformer l'industrie. « On pense qu'il faut changer des choses, il est temps que ça se modernise », confie-t-il. « Il est temps qu'on améliore les cours de formation, convient-il. Il est temps qu'on améliore le code d'éthique. Il est temps qu'on change certaines attitudes. Il est temps qu'on parle de modulation dans le transport. »

« Mais pour tout le monde, insiste M. Chevrette. Je pense qu'on doit respecter les lois de la concurrence. » Il précise que l'industrie dispose de plusieurs lettres du commissaire à la concurrence qui stipule les « normes à suivre pour avoir une concurrence légitime et légale ».

Par ailleurs, l'industrie du taxi accueille favorablement l'idée du ministre Jacques Daoust sur le rachat de certains permis de l'industrie du taxi pour les louer aux chauffeurs d'Uber. Le comité est favorable à cette mesure tant que le ministre conserve le contingentement de l'industrie.

M. Chevrette souligne l'importance pour l'industrie de conserver des exigences en matière d'assurance, de permis, d'immatriculation pour assurer la sécurité des citoyens. « Nous serons heureux de le suivre [le ministre Daoust] s'il maintient ce qu'il a toujours dit, qu'il ne pénaliserait pas l'industrie, qu'il ne pénaliserait pas la valeur des permis, qu'il ne pénaliserait pas les travailleurs de l'industrie et qu'il n'y aurait pas deux classes de chauffeurs de taxi. »

M. Chevrette a ainsi livré les réflexions du comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi à l'issue de la commission parlementaire tenue sur la réforme de ce secteur d'activité à Québec.

Le syndicat des Métallos poursuit son offensive

De son côté, le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM-Métallos) a déposé, vendredi, un recours collectif contre Uber Technologies et ses filiales.

Le Regroupement rassemble 4000 chauffeurs et propriétaires de taxis et de limousines qui réclament un dédommagement « pour les pertes de revenus et la dévaluation de leur permis ».

Par ailleurs, le RTAM-Métallos sera en cour le 14 mars prochain relativement à la demande d'injonction permanente qu'il a déposée dans le but de faire déclarer illégal le service transport Uber, et ses filiales, dans la province. 

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