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L'ingestion de méthanol n'a pas été déterminante pour Guy Turcotte, selon un psychiatre

Pour le psychiatre expert Louis Morissette, l'intoxication de Guy Turcotte au méthanol était un facteur marginal dans les événements qui ont mené à la mort de ses deux enfants, en février 2009.

Le psychiatre a terminé, jeudi, son témoignage, au palais de justice de Saint-Jérôme dans le cadre du procès de l'ex-cardiologue.

Le Dr Morissette est un témoin de la défense; en contre-interrogatoire, l'un des procureurs de la Couronne, Me René Verret, a soulevé des contradictions dans le témoignage du médecin au procès par rapport à une entrevue qu'il avait accordée à une radio privée, en janvier 2015.

Lors de cette entrevue, le Dr Morissette avait établi trois causes qui avaient pu jouer un rôle au moment des meurtres :

  • le trouble d'adaptation;
  • une crise suicidaire;
  • l'intoxication au méthanol.

Or, dans le rapport qu'il a soumis à la cour et qui est daté d'octobre 2015, le Dr Morissette écrit que le trouble d'adaptation et le « raptus suicidaire » « sont essentiellement la cause de la mort des enfants ».

Pour le psychiatre expert, il n'y a pas de contradiction entre l'entrevue qu'il a donnée à la radio et le rapport : il explique que les deux causes essentielles sont le trouble mental et la crise suicidaire et il a déclaré jeudi que le méthanol « n'a joué qu'un rôle marginal ».

En fait, le diagnostic établi par le Dr Morissette rejoint celui posé par un autre médecin expert, la Dre Dominique Bourget, qui a aussi témoigné pour la défense. Me Verret a reproché au Dr Morissette - comme il l'avait fait pour la psychiatre Bourget - de désormais minimiser le rôle du méthanol dans ce drame.

Une entorse au code déontologique?

Me Verret a aussi  tenté de démontrer, jeudi, que le médecin pourrait avoir violé le code de déontologie de sa profession. Le procureur Verret a suggéré que le psychiatre n'a pas seulement expertisé Guy Turcotte, mais a aussi agi comme médecin traitant. Le Dr Louis Morrissette soutient que cela n'a jamais été le cas.

Le procureur a aussi mis en doute la volonté de l'accusé de mourir après avoir tué ses enfants. Le psychiatre soutient pour sa part qu'il est convaincu que Guy Turcotte a bel et bien voulu mettre fin à ses jours en février 2009. Mais il a raté son suicide.

Le Dr Morissette a aussi expliqué que l'accusé n'avait pas perdu contact avec la réalité le 20 février 2009 -- pas comme une personne qui est psychotique ou qui a des hallucinations, a-t-il fait valoir. Mais il avait une « vision tunnel », qui faisait en sorte que son jugement était altéré et perturbé.

Un témoignage crucial pour la défense

M. Morissette a expliqué pendant deux jours au jury son analyse de l'état mental de l'accusé le soir du drame : son témoignage est crucial au soutien de la défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux présentée par Guy Turcotte.

L'ex-cardiologue a plaidé non coupable aux deux accusations de meurtre. Il a toutefois admis avoir causé la mort d'Olivier, cinq ans, et d'Anne-Sophie, trois ans.

Le procès est ajourné à lundi, moment où la défense devrait annoncer si elle a d'autres témoins.

Avec les informations de Karine Bastien et de Marc Verreault

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