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L'inondation du boulevard Pie-IX a révélé des failles dans le plan d'urgence de Montréal

Une enquête menée par CBC Montréal à la suite de l'inondation du boulevard Pie-IX le 30 octobre 2015 a démontré des lacunes dans le service des travaux publics de la Ville de Montréal et de l'arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension. 

En plus de travailler sur appel le jour de l'inondation, l'équipe de cols bleus de l'arrondissement n'était pas équipée pour faire face à une telle situation. 

« Le service de sécurité d'incendie de la Ville était là, nos équipes étaient là aussi, mais personne ne pouvait faire le travail parce que personne n'avait l'équipement nécessaire », résume le porte-parole de Projet Montréal en matière d'eau, Sylvain Ouellet. 

Un bris d'aqueduc est habituellement sous la responsabilité de l'arrondissement. Or, étant donné que la conduite endommagée sur Pie-IX en octobre dernier est reliée au réseau principal d'aqueduc, l'arrondissement devait élaborer un plan avec la Ville afin de fermer les valves de façon sécuritaire et trouver l'équipement nécessaire pour intervenir. 

L'équipe du service d'eau de l'arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension ne rentre toutefois pas au travail les vendredis. Elle travaille sur appel. 

« À chaque minute qui passait, de plus en plus de sous-sols étaient inondés », raconte M. Ouellet. 

Retour sur les faits 

Selon un rapport de la Ville obtenu par CBC en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, la police a reçu un appel le 30 octobre 2015 pour une fuite d'eau sur Pie-IX entre les rues Villeray et Everett peu avant 5 h du matin.

Ce n'est que vers 7 h 15 qu'une équipe envoyée par la Ville s'est présentée sur les lieux. Une seconde équipe est arrivée avec plus d'équipement vers 8 h 45, soit quatre heures après que le bris eut été rapporté au 911. À 10 h, les valves étaient complètement fermées.

« C'est beaucoup trop long, explique Sylvain Ouellet. Au final, cela aurait coûté moins cher à la ville d'avoir une équipe prête en tout temps à intervenir en cas de pareille urgence. »

Le maire d'Anjou, Luis Miranda, est du même avis. « Un délai de cinq heures pour fermer la valve d'une conduite principale est trop long à nos yeux. Dans une grosse ville comme Montréal, où tout devient centralisé, pourquoi n'offrent-ils pas un service 24 heures? Ce n'est pas normal », soutient-il. 

En attente d'une solution

La Ville de Montréal a reçu 209 réclamations pour des dégâts d'eaux liés au bris de la conduite principale sur le boulevard Pie-IX. Cela correspond environ au tiers de tous les dégâts d'eau réclamés à la Ville en 2015. De ces 209 réclamations, 179 sont toujours en attente.

Certains résidents du boulevard Pie-IX sont inquiets des risques d'une nouvelle inondation, en raison du manque de coordination des travaux publics et de l'absence d'une équipe d'urgence. Plusieurs blâment la Ville pour les dégâts survenus chez eux, alors que certains se sont retrouvés avec des factures de réparations frôlant les 50 000 $.

Le porte-parole de la Ville, Philippe Sabourin, estime qu'il est trop tôt pour commenter la situation en raison des procédures légales intentées contre la Ville.

Par ailleurs, le Service de l'eau de Montréal enquête actuellement sur les événements du 30 octobre afin d'évaluer si des améliorations peuvent être apportées au processus d'intervention. 

La responsable du dossier de l'eau et des infrastructures de l'eau pour la Ville, Chantal Rouleau, et la mairesse de Saint-Michel, Anie Samson, n'ont pas rappelé CBC.

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