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L'installation temporaire de jeunes adultes à l'École secondaire Louis-Riel suscite de l'opposition

« Les parents sont enragés, on ne comprend pas la décision de la Commission scolaire de Montréal. » Mirela Mocka, mère d'un élève de l'École secondaire Louis-Riel et membre du conseil d'établissement, s'oppose à la décision de la CSDM de déménager près de 200 jeunes adultes du centre de formation Tétreaultville dans une partie des locaux de l'école de son enfant, pendant deux ans.

Un texte de Normand Grondin

Selon Mme Mocka, « on ne devrait pas faire cohabiter des adolescents et des préadolescents avec de jeunes adultes dans le même établissement ».

« On nous fait croire que les adultes n’utiliseront pas la cafétéria ou n’emprunteront pas les mêmes corridors que nos jeunes, mais c’est faux », ajoute Absa Diallo, vice-présidente du conseil d’établissement de Louis-Riel.

La CSDM affirme le contraire. « Les deux groupes vont être séparés », affirme sa présidente, Catherine Harel-Bourdon.

De toute façon, précise-t-elle, la CSDM n’a pas le choix, puisqu’on ne peut pas relocaliser les gens qui fréquentent le Centre Tétreaultville ailleurs dans l’Est. « C’est le meilleur choix possible », dit-elle.

L’effet domino

Ce problème est le résultat d’une combinaison de facteurs qu’on voit de plus en plus dans la région de Montréal : des écoles en décrépitude et/ou trop petites pour les besoins actuels.

Dans ce cas-ci, il y a un effet domino. La CSDM doit absolument vider l’École Saint-François-d’Assise durant deux ans, pour permettre de l’agrandir et d’accueillir plus d’enfants - la CSDM reçoit quelque 1000 nouveaux écoliers chaque année. On déménage donc les 340 écoliers dans le seul espace suffisamment spacieux du quartier où ils habitent, le centre de formation des adultes Tétreaultville.

Les jeunes adultes, eux, sont redirigés vers Louis-Riel, où les locaux occupés depuis quatre ans par les élèves de l’école primaire Baril, dont la reconstruction est terminée, seront vacants dès septembre prochain.

« Nous, tout ce qu’on désire, c’est de récupérer la partie de Louis-Riel qui s’appelle École Baril depuis quatre ans, mais qui, selon nous, appartient toujours à l’École Louis-Riel », dit Absa Diallo.

Julie Maurice, enseignante en français à Louis-Riel, ajoute que les 1300 étudiants de l’école sont trop à l’étroit depuis qu’on a pris une partie de leurs locaux pour installer les jeunes de Baril, il y a quatre ans. « On manque de tout et on n’a pas les moyens d’accueillir les jeunes dans le calme et de développer leur sentiment d’appartenance à l’école », explique-t-elle.

La décision est prise

L’aménagement de l’École Baril a coûté 3 millions de dollars à la CSDM, rappelle sa présidente, et les locaux ne peuvent recevoir tous les enfants de Saint-François d’Assise. « En plus, dit-elle, on a déjà trois écoles secondaires qui cohabitent sans problème avec des étudiants adultes - soit Père-Marquette [L’école des métiers du meuble], Saint-Henri [formation professionnelle] et Pierre-Dupuy [École des métiers des Faubourgs-de-Montréal]. »

Pour la CSDM, la décision est prise et, après plusieurs rencontres d’information, le dossier est clos. Maintenant, conclut la présidente, il faudra que Louis-Riel fasse preuve de « solidarité » avec les élèves qui seront relocalisés.

Mais pour les parents, les enseignants et la direction de Louis-Riel, la pilule est difficile à avaler. « Nous risquons d'être pour toujours une école transitoire, donc on ne pourra jamais répondre complètement aux besoins de nos enfants », estime Mirela Mocka.

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