La saison officielle du hockey mineur s'amorce cette semaine pour la plupart des associations à Montréal. Dans les vestiaires comme dans les gradins de l'Association de l'Ouest de l'Île, les origines et les accents se côtoient, car de nombreux nouveaux arrivants optent pour ce sport national. Le hockey devient dans certains cas un outil d'intégration à la société d'accueil.

Un texte de Jean-François Paradis

C'est le cas d'Ali Saad, originaire de Tizi Ouzou, en Algérie, arrivé à Montréal il y a quatre ans avec son garçon Yanis et sa femme, Kahina. Quelques mois après leur arrivée au Québec, il a inscrit son fils au niveau novice à CJL Rosemont.

Résultat : maintenant, son fils ne veut plus arrêter et son plus jeune, Aylan, né à Montréal, est déjà un mordu du hockey à 3 ans.

C'est un cas un peu particulier, puisque Ali Saad connaissait déjà le hockey, ayant vécu à Moscou durant six ans avant de s'installer au Québec.

Pour sa part, Xzhin Xzhan, de Quanzhou, en Chine, ne connaissait rien à ce sport à son arrivée à Montréal. Elle cherchait une activité pour son fils Lewis afin qu'il soit en contact avec des Québécois. Elle a eu un choc en regardant le jeu pour la première fois.

« Je n'aimais pas ça, je trouvais ça violent. Je disais à mon fils : ''Qu'est-ce que c'est que ce jeu? Pourquoi veux-tu jouer à ça?" » raconte-t-elle. Peu à peu, elle a fini par aimer ce sport, notamment pour son esprit d'équipe et sa discipline.

Apprendre la langue

Bien entendu, il faut apprendre à patiner pour jouer au hockey, mais il faut aussi apprendre à comprendre le parler québécois.

Ihmed Bouroga est arrivé avec sa famille de Tunis, il y a quatre ans. Ses deux garçons, Youssef et Yacine, étaient inscrits au hockey cinq semaines après leur arrivée.

« Le langage [...] Il a fallu se faire l'oreille. Au début, mes garçons revenaient de l'aréna et me disaient : ''Papa, on ne comprend rien, on dirait qu'ils ne parlent pas français.'' Je leur répondais : ''Mais c'est parce que ce sont des termes qu'on n'utilise pas, par exemple le puck." ''Ouais, c'est quoi cette histoire de puck dont ils parlent tout le temps?'' Bon, maintenant, ils comprennent tout, mais au début, ils cherchaient pas mal », relate M. Bouroga.

La plupart du temps, l'école aidant, l'intégration se fait rapidement pour les enfants, qui ne font pas grand cas des origines de leurs coéquipiers. Dans le vestiaire et sur la patinoire, tout le monde est sur le même pied d'égalité : c'est l'équipe qui compte, tout le monde joue au hockey.

Engouement

Sans tenir de statistiques officielles à ce sujet, Hockey Montréal estime que dans certains quartiers de Montréal, les équipes sont composées à plus de 70 % d'enfants issus de minorités ethniques.

À Hockey Québec, on mentionne aussi que le passage de P.K. Subban au sein du Canadien a créé un engouement chez les néo-Québécois, qui se sentaient moins concernés par le hockey.

Pour les parents, l'intégration est parfois moins aisée, mais le passage obligé dans les gradins des arénas peut leur faciliter les choses.

Julie Gaston-Obama, originaire du Congo, a resserré ses liens avec la communauté en regardant son fils Rocco jouer à la défense pour CJL Rosemont.

« C'est comme une petite famille, dit Julie. Rocco joue depuis l'âge de 3 ans, il a maintenant 10 ans. On se retrouve à l'aréna à l'automne année après année, on revoit des visages familiers chez les parents comme chez les enfants. On suit la progression des jeunes, on discute, des amitiés naissent. »

Plus d'articles