Les Alouettes de Montréal (1-2-0) concluront leur série de quatre matchs contre des formations de l'Ouest canadien, vendredi, au stade Percival-Molson. Si les trois premiers duels n'ont pas été une partie de plaisir, le quatrième face aux Stampeders de Calgary (2-0-1) s'annonce encore plus complexe.

Un texte de Félix St-Aubin

Il y a un adage dans le monde du sport qui stipule qu'on ne choisit pas ses adversaires. Il faut vaincre les meilleures équipes si l'on veut à notre tour atteindre l'excellence. Les Alouettes auront ainsi une belle occasion de renverser la vapeur en se mesurant à l'un des ténors de la LCF.

Ledit ténor se nomme Bo Levi Mitchell. D'innombrables statistiques font état de sa supériorité au poste de quart, mais l'une d'entre elles est marquante, en plus d'être d'actualité : il est invaincu à ses 19 derniers matchs en saison (17-0-2).

Cette marque constitue d'ailleurs un record de la Ligue canadienne.

Une aura de gagnant colle à la peau de Mitchell depuis qu'il a effectué ses premiers pas chez les professionnels, en 2012.

Son taux de victoires à titre de pivot partant s'élève à 85,2 % (45-7-2). Il compte d'ores et déjà une conquête de la Coupe Grey, en 2014, alors qu'il avait signé le doublé en décrochant le titre de joueur le plus utile contre les Tiger-Cats de Hamilton.

Bref, cela va sans dire, tant et aussi longtemps que Mitchell se retrouve aux commandes de l'attaque calgarienne, les Stampeders ont beaucoup plus de chances de l'emporter que de baisser pavillon.

Le secondeur Chip Cox a une explication bien précise pour justifier la réussite du joueur par excellence de la LCF en 2016. Et par la bande, le vétéran qui a récemment soufflé ses 34 bougies d'anniversaire y est allé d'une comparaison avec un homologue de la NFL.

« [Mitchell] joue dans un bon système offensif, en plus d'être un grand quart-arrière, a-t-il soutenu. Cette situation fait en sorte qu'il paraît encore mieux, regardez Tom Brady au fil des années! »

Cox est d'avis que les Alouettes devront déranger Mitchell et afficher de l'aplomb d'un bout à l'autre de la confrontation pour espérer retrouver le seuil de respectabilité de ,500.

Dans l'optique d'exercer une pression accrue et soutenue sur le quart de 27 ans, l'entraîneur-chef Jacques Chapdelaine a cru bon d'insérer Ray Drew dans la formation des 44 joueurs en uniforme. Mais une blessure au plaqueur défensif subie cette semaine à l'entraînement a cependant contrecarré ses plans.

« On doit continuer de mettre de la pression d'une façon ou d'une autre, [avec ou sans Drew]. (...) La meilleure défense contre Bo Levi Mitchell est d'avoir notre attaque sur le terrain. Même si tu mets de la pression, Mitchell va être capable de négocier avec elle et de trouver quelqu'un qui n'est pas couvert. »

« Il faut s'assurer de le mettre dans une situation où il est moins confortable. Il s'agit de prendre une avance, a renchéri Chapdelaine. Si l'on a les commandes, on met évidemment l'unité offensive adverse dans une autre disposition. »

Évincer Mitchell de l'équation

Comme l'a fait remarquer Chapdelaine, l'un des mots d'ordre de ce quatrième affrontement de la saison sera de s'assurer que Mitchell demeure à l'extérieur des limites du terrain. Pour que cela se produise, les Montréalais devront remporter la bataille du temps de possession.

Si tel est le cas, il s'agirait d'une première en 2017 pour les hommes de Chapdelaine, qui ont fait chou blanc à ce chapitre trois fois plutôt qu'une.

« On produit plus [que nos adversaires] par série [offensive], mais, malheureusement, on a moins de séquences. Pourquoi? Il y a les punitions, c'est facile à voir, et il y a quelques séries défensives qui ont duré trop longtemps », a avancé l'instructeur.

Le bataillon défensif de Noel Thorpe pointe au 2e échelon de la LCF pour les points accordés par duel (20,7). Quelques miettes séparent les Alouettes des Lions de la Colombie-Britannique (2-1-0) et du 1er rang (20,3 points par match).

L'unité montréalaise est le type de défense qui plie, mais ne casse pas. C'est-à-dire qu'elle laisse l'attaque rivale amasser des verges et accumuler les premiers jeux, sans toutefois lui permettre d'ajouter des points au tableau indicateur.

Les protégés de Thorpe démontrent certes du caractère en se dressant de la sorte au moment opportun, mais cette approche n'est pas sans retombée négative : Darian Durant et son attaque touchent au ballon moins fréquemment.

Face à l'attaque la plus productive du circuit Ambrosie, qui a inscrit 103 points en 3 duels (31, 43 et 29 points), la défense devra trouver un moyen de non seulement empêcher Mitchell de mener ses troupiers en terre promise, mais également d'écourter ses séquences offensives.

Le défi s'annonce colossal.

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