Retour

L’itinérance autochtone augmente dans Le Plateau-Mont-Royal

La Ville de Montréal augmente sa contribution financière pour réduire les problèmes d'itinérance chez les Autochtones sur Le Plateau-Mont-Royal.

Un texte de Benoît Chapdelaine

« L'arrondissement est confronté à une augmentation de l'itinérance autochtone », précise Monique Vallée, responsable de l'itinérance au comité exécutif de la Ville de Montréal. « Il y a une hausse des comportements à risque, parfois violents. Il y a un accroissement aussi des demandes de médiation et d'intervention de la part des commerçants et de la population en général. »

L'arrondissement constate une augmentation des incidents violents entre Autochtones et commerçants, particulièrement avenue du Parc, entre les rues Sherbrooke et Prince-Arthur.

« Les policiers nous disent qu'on est en état de crise, ça frôle la crise », dit la conseillère d'arrondissement Christine Gosselin. « Comme les commerçants n'ont pas de soutien, eux-mêmes affrontent les itinérants. Donc, ça donne de très mauvais résultats, c'est très mauvais pour l'ambiance, les relations. »

Les groupes d'aide aux itinérants constatent que beaucoup d'Autochtones généralement établis au centre-ville se déplacent vers les arrondissements limitrophes, entre autres, depuis la fermeture du square Cabot (maintenant rouvert), puis d'une partie du square Viger. Contrairement à de nombreux itinérants qui quémandent souvent seuls, les Autochtones ont tendance à se déplacer en groupe.

« Il y a des personnes itinérantes, autochtones qui vont vers le métro Mont-Royal », ajoute la conseillère Gosselin. « Ils se tiennent en petits groupes, tandis qu'autour de l'avenue du Parc c'est quand même des douzaines de personnes parfois, ça peut être intimidant pour les commerçants et les passants. Ce sont des gens très doux, mais qui souvent ont eu des problèmes d'ivresse. »

L’organisme Plein Milieu, qui vient en aide aux itinérants du Plateau-Mont-Royal, reçoit 10 000 $ de plus pour les aider.

« [Il y a ] des gens qui se pointent dans le restaurant pour piquer dans les assiettes des clients », ajoute Mihaela Serban, sa directrice générale. « On est autant du côté médiation sociale que [du côté] travail de rue autochtone, c'est une croissance importante des besoins et des interventions. »

« Je ne veux pas être une soûlonne » - Anita Mayassit

Anita Mayassit, 30 ans, est une Autochtone à qui Plein Milieu vient en aide. Elle accepte de témoigner. Elle dit avoir perdu trois ou quatre amis depuis un an, décédés à la suite de surdoses de drogue ou d'alcool. La rue, elle la connaît depuis une dizaine d'années, même si elle a maintenant accès à un refuge pour dormir. Plusieurs itinérants autochtones qu'elle a côtoyés ne sont plus de ce monde.

« Les vieux et les vieilles, j'en ai perdu trois, quatre depuis un an à cause de la boisson, de la drogue, des choses graves. »

Pour elle, Plein Milieu et les autres ressources comme Cactus et Passages sont essentielles.

« Je veux pas toujours rester comme ça », dit-elle. « J'ai besoin d'un organisme. Faut que je me lève pour me dire : "Ue autre journée pour essayer de ne pas être une soûlonne comme j'étais avant." »

De 10 à 15 % des itinérants qui gravitent sur Le Plateau-Mont-Royal sont Autochtones; c'est une proportion en forte augmentation selon Plein Milieu. Et environ la moitié sont des Inuits.

L'organisme tiendra un brunch de Noël cette semaine pour cette population du Plateau-Mont-Royal. Une centaine d'itinérants sont attendus.

Peu de plaintes avenue du Mont-Royal

La hausse du nombre d'itinérants autochtones demeure pour l'instant relativement discrète au coeur du Plateau-Mont-Royal.

La Société de développement de l'Avenue du Mont-Royal, qui représente des centaines de commerces, ne constate pas de hausse particulière des cas d'itinérance autochtone. « Ce n'est pas un type d'itinérance qui pose plus de problèmes qu'un autre aux yeux de nos commerçants. On n'a pas noté une augmentation des plaintes à cet égard-là », dit le directeur général, Charles-Olivier Mercier.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un rottweiler goûte à du citron pour la première fois





Rabais de la semaine