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L'opposition à un projet de parc thermal à Saint-Bruno prend une nouvelle tournure

Quelque 70 résidents de Saint-Bruno-de-Montarville amorcent aujourd'hui leurs démarches devant la Commission municipale du Québec pour contester un projet de spa de 30 millions de dollars sur un immense terrain qui appartient à la Ville. Les citoyens remettent en question le règlement de zonage qui modifie la vocation du terrain pour permettre la construction du complexe.

Un texte de Marie-France Bélanger

Au coeur de la controverse qui anime la vie municipale depuis plusieurs mois : une entente conclue entre le maire et l'entreprise Skyspa pour la location d'un terrain de la Ville, avec option d'achat, pour la somme de 5,6 millions de dollars. Le lot, situé au pied de la montagne, jouxte un quartier résidentiel et le Parc national du Mont-Saint-Bruno.

« Je l'ai dit et je le redis : on n'est pas contre le projet du spa », précise Pierre Dufault, l'un des deux mandataires de la requête déposée auprès de la Commission municipale du Québec par 76 citoyens. M. Dufault déplore plutôt la façon de faire de la Ville dans le dossier. « Ça ne respecte pas la transparence et la démocratie », souligne-t-il. Les requérants contestent la modification du zonage par le conseil municipal pour permettre la réalisation du projet et demandent à la Commission municipale du Québec de se prononcer.

Danielle Pilette, professeur associée à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM et spécialiste des affaires municipales, s'est penchée sur le dossier. À son avis, le processus de modification de zonage par la Ville n'a rien de particulier. « La façon de procéder de la Ville de Saint-Bruno est relativement standard », dit-elle. Pour permettre le projet, le conseil municipal a adopté un règlement, entré en vigueur le 22 mars dernier, pour modifier son plan d'urbanisme et ainsi changer l'affectation du terrain de « résidentiel » à « mixte » pour permettre l'implantation d'un centre thermal avec ou sans hébergement.

La Pre Pilette souligne aussi que le projet de loi 122, présentement à l'étude par Québec, facilitera la requalification de terrains, c'est-à-dire le changement de vocation de lots pour en augmenter la densité résidentielle ou introduire des éléments de mixité. « Le projet de loi autorisera les municipalités à ne plus faire de référendums pour un certain nombre de zones qui sont dites de "requalification" », souligne-t-elle.

Par courriel, le maire de Saint-Bruno-de-Montarville, Martin Murray, s'est fait avare de commentaires. Avant d'aller plus loin, il dit vouloir attendre la décision de la Commission municipale du Québec, qui devrait être rendue à la fin mai. De son côté, le porte-parole du promoteur du projet dit avoir remis à une date ultérieure la séance d'information publique, prévue le 20 avril.

De son côté, le conseiller d'opposition André Besner, également requérant devant la Commission municipale du Québec, s'est aussi adressé à l'agglomération pour faire bloquer le dossier. Il espère vivement que le projet de spa deviendra un enjeu lors des prochaines élections municipales, qui auront lieu l'automne prochain, afin que les citoyens puissent se prononcer sur le dossier.

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