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L’Université Concordia lance une enquête à la suite d’allégations d’inconduite sexuelle

L'Université Concordia lance une enquête à propos des allégations d'inconduite sexuelle rendues publiques par un ancien étudiant au programme de création littéraire de l'institution.

Lundi, cet ex-étudiant avait dénoncé dans un long billet de blogue la « masculinité toxique » au sein du Département d’études anglaises de Concordia, qui chapeaute le programme de création littéraire.

Il avait notamment écrit avoir été témoin et mis au courant d'« innombrables cas d'affection non sollicitée, de tripotage, de remarques inappropriées et de propositions indésirables. Lorsqu'ils étaient rejetés par les femmes, les hommes en position de pouvoir se livraient à des campagnes de dénigrement contre celles qui les avaient rejetés ».

L'Université Concordia a qualifié lundi les allégations de « graves » et a assuré qu'elles seraient traitées avec sérieux.

Mercredi, le recteur de l’Université, Alan Shepard, a indiqué en point de presse que « toute inconduite sexuelle est inacceptable, contrevient directement à nos valeurs et à nos politiques, et ne sera pas tolérée ». Il a aussi affirmé ne pas avoir été au courant de ces allégations avant lundi.

En plus de l'enquête, le recteur a annoncé que les membres de l’effectif étudiant, du corps professoral et du personnel du programme de création littéraire seront rencontrés cette semaine afin de « les soutenir et de tracer la voie à suivre ».

S’il y a lieu, Concordia pourrait imposer des mesures disciplinaires pouvant aller jusqu’au congédiement.

L’Université amorcera également « un vaste examen du climat actuel dans tous les secteurs de l’Université ». Les exigences de la nouvelle loi du gouvernement du Québec sur les violences à caractère sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur seront notamment intégrées dans les politiques de l’institution.

« De nombreuses institutions, grandes et petites, publiques et privées, se heurtent à des pratiques historiques et à des comportements répréhensibles desquels elles tentent de s'excuser, en essayant de changer le climat pour éviter toute coercition et harcèlement sexuel », a déclaré Alan Shepard.

Il explique qu'à Concordia, des mesures existent déjà pour contrer les inconduites sexuelles, notamment un Centre de ressources sur la violence sexuelle et une politique sur les conflits d'intérêts, qui oblige les membres du corps professoral engagés dans une relation personnelle avec des étudiants à rendre leur situation publique.

Il déclare toutefois que l'établissement va « s'assurer d'avoir tout en place » pour que l'environnement universitaire soit sécuritaire.

Témoignage d'une écrivaine

Depuis la publication du billet lundi, d'autres allégations ont fait surface, dont celles de l’écrivaine montréalaise Heather O'Neill, qui soutient avoir été victime de harcèlement sexuel à la fin des années 1990, pendant ses études à Concordia.

Dans une entrevue accordée à La Presse canadienne, l'écrivaine explique que son cas n'est pas unique et que le problème est systémique au sein du programme de création littéraire de l’université montréalaise.

Mme O'Neill soutient que plusieurs écrivaines en herbe hésitent à dénoncer leurs agresseurs parce qu'elles ne veulent pas hypothéquer leur avenir.

« Je ne voulais pas amorcer ma carrière en attaquant ces hommes blancs plus âgés […] qui étaient très, très bien branchés dans le milieu littéraire », raconte-t-elle aujourd'hui.

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