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L'Université de Montréal se départit du 1420, Mont-Royal pour 29,5 M$

Le promoteur privé Olivier Leclerc annonce avoir conclu une entente de 29,5 millions de dollars avec l'Université de Montréal pour l'acquisition du 1420, boulevard du Mont-Royal à Montréal.

L'acte d'achat date du 31 décembre 2015. La vente de l'édifice était confirmée depuis le printemps par l'Université, mais l'identité de l'acheteur et la teneur du contrat demeuraient inconnues.

Olivier Leclerc entend « revitaliser » l'immeuble de l'arrondissement d'Outremont pour en faire des condominiums luxueux.

« Nous sommes très fiers de pouvoir aller de l'avant et revitaliser ce site patrimonial, un bijou de l'arrondissement d'Outremont. Malgré une saga judiciaire qui durait depuis quelques années, notre groupe a été en mesure de faire valoir sa vision », a précisé M. Leclerc.

Le promoteur, qui compte plusieurs projets immobiliers pour des établissements de prestige à son actif, assure que l'entente comporte des clauses prévoyant la protection du patrimoine, bâti et non bâti, de la propriété.

Il a notamment promis de conserver l'accès du bâtiment à la montagne par un sentier à l'arrière, et de protéger la chapelle de l'ancien couvent.

La fin d'une saga?

Cette transaction semble mettre fin à plus de 10 ans de luttes et de controverses pour la conservation du bâtiment historique, acquis par l'UdeM en 2003.

À cette époque, la Congrégation des Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie a vendu son couvent à l'Université de Montréal pour une bouchée de pain. L'établissement, situé sur le campus, était devenu beaucoup trop grand pour les religieuses, de moins en moins nombreuses.

L'histoire s'est compliquée quelques années plus tard, quand l'Université, après avoir déjà dépensé 25 millions de dollars pour la réfection du bâtiment, décide de s'en départir.

Selon l'administration de l'établissement, le 1420 était devenu trop cher à entretenir et nécessitait des rénovations colossales dont le prix pouvait atteindre 140 millions de dollars. L'Université assurait avoir déposé dans ce sens des demandes de subventions au gouvernement du Québec, qui ont été rejetées.

En 2008, l'UdeM conclut ainsi une entente de 28 millions de dollars avec le groupe de construction Frank Catania & associés, qui prévoyait aussi de transformer l'édifice en condominiums de luxe.

Le collectif « Rassemblement pour la sauvegarde du 1420 Mont-Royal » se constitue. Il comprend plusieurs particuliers et professeurs de l'UdeM, qui assurent que le 1420 est un bien public et doit conserver sa vocation d'enseignement, plus encore à une époque où l'Université se plaint d'un manque de locaux et entreprend la construction d'un nouveau campus à Outremont.

Le regroupement va intenter trois procès au groupe Catania, réclamant notamment que les détails de l'entente soient rendus publics, mais n'obtiendra jamais gain de cause.

Le chef de l'opposition à la mairie, Luc Ferrandez, était lui aussi convaincu que le bâtiment pouvait être reconverti à l'échelle de l'Université. Son parti, Projet Montréal, avait même interpellé l'administration du maire Denis Coderre, proposant de transformer le 1420 en résidences universitaires ou en salles de classe.

En 2013, l'UdeM annule toutefois la transaction : celui qui gère la société de construction, Paolo Catania, plusieurs fois cité à la commission Charbonneau, est accusé de fraude, de complot et d'abus de confiance dans une autre affaire de vente.

En avril 2015, l'établissement confirme à nouveau la vente du 1420, boulevard du Mont-Royal à un nouvel acheteur.

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