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La 4e Biennale d'art contemporain autochtone consacrée aux femmes

La force des femmes autochtones réside dans leurs liens de fraternité, que ce soit au sein de leur famille ou de leur communauté artistique. C'est l'idée derrière la 4e Biennale d'art contemporain autochtone (BACA), qui regroupe cette année les œuvres d'une quarantaine de femmes autochtones.

Un texte d’Anouk Lebel

Le projet trottait depuis plusieurs années dans la tête des deux commissaires, Niki Little et Becca Taylor. Respectivement établies à Winnipeg et à Edmonton, les deux artistes d’origine crie travaillent souvent ensemble et au sein de différents collectifs de femmes artistes.

Ces collectifs sont de plus en plus nombreux, remarque Niki Little, qui est originaire de la Première Nation Kistiganwacheeng Garden Hill, au Manitoba.

La Biennale est répartie à quatre endroits à Montréal et à Sherbrooke. Dans le cadre de la Journée des musées montréalais dimanche, Niki Little offrira une visite guidée de l'un d'entre eux : la galerie La Guilde, au centre-ville de Montréal.

Y figure entre autres le travail de Catherine Blackburn, originaire de la Première Nation English River, dans le nord de la Saskatchewan. Sa série Our mother(s) tongue (La langue de nos mères) aborde les thèmes de la langue et des pensionnats indiens, notamment avec des aiguilles piquées sur des coussins.

Dans la frise Imagining Indians in the 25th century (Imaginer les Indiens du 25e siècle), Skawennati, de la communauté mohawk de Kahnawake, expose pour sa part sa vision de l’avenir de l’histoire des Premières Nations.

Le militantisme est très présent dans les œuvres présentées, note Niki Little, pour qui être Autochtone au Canada est en soi politique. Le travail artistique des femmes autochtones est indissociable des enjeux avec lesquels elles composent, abonde Becca Taylor, évoquant les pensionnats indiens et les femmes autochtones disparues ou assassinées.

L’idée était de montrer la diversité des voix des femmes artistes autochtones, souvent sous-représentées dans l’espace public, explique Niki Little.

Une résidence de six mois à Montréal a permis aux deux commissaires d’aller à la rencontre d’artistes qu’elles ne connaissaient pas.

« Nous les ramenons d’une certaine façon avec nous », conclut Becca Taylor, qui retourne en Alberta dans quelques jours. Elle est convaincue que la conversation autour des femmes autochtones dans l’art et la société est bien entamée et destinée à continuer.

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