La fuite des familles montréalaises vers la banlieue se poursuit. Mais qu'est-ce qui les pousse à quitter la métropole pour le bonheur version 450?

Amélie Ducharme et Éric Cinq-Mars ont quitté un rez-de-chaussée du centre-ville de Montréal pour leur nouvelle maison dans l'arrondissement du Vieux-Longueuil.

« On en a parlé pendant deux ans à nos proches, aux amis, au travail, ce n’était vraiment pas acquis », dit Amélie Ducharme.

Comme pour bien des familles, c’est l’arrivée de leur deuxième enfant qui a pesé lourd dans la décision de quitter la métropole. Le couple a voulu une demeure plus spacieuse et plus calme. Acheter à Longueuil plutôt qu’à Montréal leur a aussi permis d’économiser beaucoup d’argent.

Actuellement, sur l’île de Montréal, seules les maisons unifamiliales de l'arrondissement de Montréal-Nord se vendent en moyenne moins cher que celles du Vieux-Longueuil. Dans les quartiers centraux convoités par Amélie et Éric, les maisons coûtent beaucoup plus cher.

« Vivre à Anjou et aller au centre-ville, ça doit être plus lent que de partir d’ici (le Vieux-Longueuil) et aller au centre-ville. On a le métro, on a les autres transports en commun aussi », affirme Éric, qui ne regrette pas d’avoir quitté l’île.

Pour Sébastien Lord, qui étudie l’exode des Montréalais depuis plusieurs années, plus les années avancent, plus les villes du 450 deviennent attirantes pour les jeunes familles. Le prix des maisons n’est pas le seul facteur, explique-t-il. Il y a aussi leurs aspirations à devenir propriétaires. « Les premières couronnes de banlieue se sont diversifiées », ajoute M. Lord.

Montréal résiste

S’il est vrai qu’il y a un exode, Montréal ne se vide pas pour autant de ses enfants. La Métropole attire beaucoup de gens du Canada, mais aussi du reste du monde. Beaucoup d’immigrants s’y installent.

De 2011 à 2016, le nombre de familles avec au moins un enfant de 0 à 14 ans est passé de 247 000 à 265 000, ce qui représente une hausse de 7 %, alors que la population a augmenté de seulement 3 % pour la même période.

Mais les problèmes pour les familles établies à Montréal apparaissent plus tard, lorsqu’elles ont plus d’enfants et que ces derniers grandissent.

Durant ces cinq années, Montréal a tout de même perdu 24 290 enfants de 0 à 14 ans au profit de ses banlieues, selon l’Institut de la statistique du Québec.

Mais ceux qui tiennent à Montréal avouent qu’il devient difficile de résister à une grande maison à un prix abordable, un clin d’œil pour les candidats à l’élection municipale du 5 novembre.

D'après le reportage de Jean-Sébastien Cloutier

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