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La canicule entraîne la mort de six personnes à Montréal

La Direction de la Santé publique de Montréal confirme que la vague de chaleur intense a provoqué la mort de six personnes depuis vendredi, dans la métropole. La Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal, précise que les victimes vivaient seules et qu'elles souffraient de maladies chroniques ou de problèmes de santé mentale.

La Dre Drouin affirme que dans les circonstances, ce bilan de six morts n'est pas exceptionnel.

Environnement Canada prévoit que la vague de chaleur se poursuivra au moins jusqu'à jeudi. Aujourd'hui, l'indice humidex oscille entre 35 et 40. Demain, il pourrait excéder 40.

Mylène Drouin rappelle qu'en 2010, une vague de chaleur extrême avait entraîné la mort de 106 personnes dans la grande région métropolitaine. Les autorités souhaitent éviter pareille situation cette année, dit-elle.

La Ville de Montréal a distribué 17 000 litres d'eau aux organismes qui viennent en aide aux gens en difficulté, notamment ceux en situation d'itinérance. De plus, 25 000 litres d'eau ont été destinés aux travailleurs des arrondissements, des villes liées et des services d’urgence.

Repérer et aider les plus vulnérables

Le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) a identifié quelque 20 000 domiciles situés dans des îlots de chaleur à Montréal. Les pompiers iront frapper à la porte de gens considérés comme étant vulnérables pour vérifier, entre autres, si ces derniers n'ont pas de problèmes respiratoires. « Avec les cartes, on est capable de savoir où sont les îlots de chaleur sur le territoire de l’agglomération », a expliqué Louise Desrosiers chef de section du SIM.

Les gens qui n'ont pas l'air climatisé, de même que ceux dont le niveau socio-économique est peu élevé sont également ciblés par le SIM.

Si une deuxième phase de visites à domicile s'avère nécessaire, les pompiers se rendront à 55 000 autres domiciles.

Lundi, 1300 visites ont été réalisées. Les autorités municipales veulent augmenter le rythme et en effectuer 5000, mardi, grâce à l’ajout de 150 inspecteurs du SIM.

Les gens les plus vulnérables à la chaleur extrême sont les personnes âgées, celles qui souffrent de maladies chroniques ou de problèmes de santé mentale, les toxicomanes et les jeunes enfants.

Mise en œuvre de mesures d'urgence

La mise en œuvre de ces mesures d'urgence découle du fait que l’organisation de sécurité civile de l’agglomération de Montréal est passée à la phase « intervention » de son Plan d’intervention en cas de chaleur extrême.

Cette décision résulte des recommandations de la direction régionale de santé publique du CIUSSS du Centre-Sud de l’île de Montréal qui a constaté une augmentation du nombre d'appels à Urgence santé et une hausse du nombre de personnes transportées en ambulance, a indiqué la Dre Mylène Drouin. « Habituellement, on compte 540 transports en ambulance par jour. Or, au cours de la dernière journée, on est passé à 640 », précise la Dre Drouin.

Un centre de coordination des mesures d’urgence a également été activé aujourd’hui. Les intervenants y feront le point quotidiennement pour ajuster leurs actions en continu.

De plus, certaines personnes vulnérables identifiées par le réseau de la santé peuvent maintenant profiter de 19 haltes climatisées mises sur pied dans des CLSC.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a qualifié de « tragique » la nouvelle que six personnes avaient péri dans la canicule. M. Couillard affirme que de telles chaleurs extrêmes se produiront « de plus en plus avec les modifications du climat que l'on connaît ».

La mairesse Valérie Plante a pour sa part lancé un appel à la solidarité des Montréalais, qu'elle a invités à s'assurer que les gens qui les entourent (proches, voisins) aillent bien.

Depuis le début de l’épisode de canicule, les heures d’ouverture des jeux d’eau, piscines, pataugeoires et lieux climatisés de la Ville et des arrondissements ont été prolongées.

L'escalade des mesures d'urgence

Le Plan d'intervention en cas de chaleur extrême comporte plusieurs niveaux d'alerte.

Chaque année, entre le 15 mai et le 30 septembre, on entre en « veille saisonnière ».

Lorsqu'Environnement Canada publie un avis de chaleur extrême, on passe à la « veille active ». Cette phase a commencé vendredi, a indiqué la Dre Drouin. Les intervenants du milieu de la santé ont alors été invités à signaler aux autorités de santé publique les décès liés à la chaleur et les coups de chaleur. Chacun des signalements a ensuite fait l'objet d'une enquête.

La phase « alerte » a commencé dimanche, en raison d'une prévision de trois jours consécutifs avec une température moyenne dépassant 33 degrés et ne descendant pas sous 22 degrés la nuit. Pendant cette phase, les intervenants se préparent à mettre en œuvre les mesures d'urgence.

Le mode « intervention » est déclenché lorsque certains indicateurs dépassent les normes.

Avec les informations de Pascal Robidas

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