Retour

La canicule met à l'arrêt les calèches du Vieux-Montréal

Depuis samedi, aucune calèche ne circule dans les rues montréalaises, ce qui entraînerait une perte de revenu pour les caléchiers.

Un texte de Delphine Jung

« Hier [samedi], on a donné l’ordre aux caléchiers de rentrer les chevaux à midi. Aujourd’hui [dimanche], ce fut le cas à 10 h. La police se charge d’inspecter les rues et de surveiller qu’il n’y ait pas de calèches », affirme le conseiller municipal Craig Sauvé, qui est responsable du dossier animal au sein de l’administration Plante.

Depuis l’année dernière, les calèches doivent rester à l’arrêt dès que la température atteint les 28 degrés Celsius, au lieu des 30 degrés Celsius, comme c’était le cas auparavant.

Luc Desparois, caléchier depuis plus de 30 ans, se conforme à la règle. « On connaît notre travail. On surveille la température. Certains sortent leurs chevaux le matin, lorsqu’il ne fait pas encore 28 degrés Celsius, ou le soir, quand la température retombe », explique-t-il.

Il ne cache cependant pas son mécontentement. « Partout dans le monde, les chevaux peuvent vivre à l’extérieur, qu’il fasse -20 ou 30 degrés Celsius. Le cheval est équipé pour. Quand il fait chaud, c’est comme chez les hommes, il transpire davantage », dit le caléchier en ajoutant que ce récent règlement est « un petit peu exagéré ».

Le conseiller Craig Sauvé justifie cette mesure en expliquant qu’« avec cette chaleur, c’est dur pour les chevaux. Il peut y avoir plus de blessures avec les harnais, ça chauffe encore plus ».

Un argument balayé de la main par M. Desparois. « Un harnais, ça s’ajuste. On met des protections pour éviter le contact direct entre la peau du cheval et son harnais », dit-il en accusant le conseiller municipal et l’administration Plante de proférer « des menteries ».

« Mais bon, ça nous fait plaisir de faire plaisir à ceux qui pensent qu’un cheval va avoir mal », dit-il avec une pointe d’ironie.

Il assure aussi que ces journées d’extrême chaleur ont un impact sur son revenu : sur les trois mois d’été, le cumul des journées où il ne peut pas sortir ses chevaux fait baisser de « 20 à 25 % » son chiffre d’affaires.

En attendant, la Ville prévoit que l’interdiction pourrait être en vigueur jusqu’à vendredi. « Si la température tombe, le soir, à 27 degrés Celsius ou moins, les calèches pourront circuler », précise cependant M. Sauvé.

Pour veiller au respect du règlement, des inspecteurs de la Ville seront présents toute la semaine dans le Vieux-Montréal. D'après le règlement de la Ville encadrant les calèches, les contrevenants risquent de voir leur monture retirée de la circulation et renvoyée à l’écurie.

Avec les informations de Romain Schué

Plus d'articles

Vidéo du jour


Secrets d'une fashionista pour toujours être stylée





Rabais de la semaine