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La cohabitation entre les deux Hochelaga, est-ce possible?

Des résidents et des intervenants d'Hochelaga-Maisonneuve, un quartier qui vit d'importants bouleversements avec l'arrivée de nouveaux commerces et de résidents plus aisés, se mobilisent pour améliorer la cohabitation entre les habitants.

Un texte de Julie Marceau

Si les actes de vandalisme « anti-bourgeois » font la manchette, ce qui rend la cohabitation réellement difficile, c'est la présence de familles de classe moyenne qui se retrouvent dans un secteur où se concentrent des prostituées et des toxicomanes.

Hochelaga-Maisonneuve compte l'un des plus hauts taux d'introductions par effraction de Montréal, principalement au sud de la rue Ontario, près de Sainte-Catherine. Il s'agit surtout de méfaits liés aux activités de vente et de consommation de drogue dans le quartier.

Les introductions par effraction dans l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve :

Des discussions enflammées

Sur les réseaux sociaux, les conversations s'enflamment entre anciens et nouveaux résidents.

« J'aimerais avoir vos avis sur les écoles du quartier. [Elles] m'inquiètent », écrit une mère, dont le commentaire est aussitôt dénoncé comme étant « anti-mixité ». « Allo, la cohabitation », lui répond une internaute.

« Je me questionnais sur l'école Baril de la CSDM et je voulais savoir si une action a été prévue pour prévenir la prostitution et les crack houses à 200 mètres », demande un résident. « Croyez-vous qu'on peut déménager les bourgeois à 200 mètres du quartier? », se fait-il répondre. Une autre internaute ajoute : « cachez-moi cette pauvreté que je ne saurais voir ».

« HM pour tous »

Réussir à faire cohabiter des jeunes familles et une population aussi vulnérable, est-ce possible? C'est le défi que tentent de relever les membres d'un nouveau comité citoyen appelé « HM pour tous », dont la forme est sans précédent au Québec.

Le projet-pilote s'inspire de l'initiative « Living in community », à Vancouver, créée pour protéger les prostituées, dans la foulée de l'arrestation du tueur en série Robert Pickton.

Le comité « HM pour tous », composé notamment de citoyens, d'organismes communautaires comme Tandem, Dopamine et l'Anonyme, d'un sergent chevronné du poste de quartier du SPVM et d'élus, vient d'obtenir l'aval de la Ville pour le financement du projet.

Vivre dans Hochelaga au quotidien

Christian Simard en a gros sur le cœur depuis que son fils de 7 ans, Maurice, lui a demandé de déménager parce qu'il trouvait le quartier « trop violent ».

« Je n'aime pas mon quartier, ça me fait peur », avoue le garçon, avec un regard réfléchi qui en dit long.

« Vivre à proximité de la rue Sainte-Catherine, puis vivre au nord d'Ontario, c'est deux réalités », explique-t-il.

Deux Hochelaga

À quelques pas de chez lui, le va-et-vient constant devant certains immeubles à logements, comme le 3629, rue Sainte-Catherine Est, laisse peu de doute sur les activités de drogue et de prostitution qui s'y déroulent.

Si M. Simard songe à déménager, une autre résidente, Marie-Pier Parent, qui vit plus au nord, sur la rue Adam, a choisi de rester dans le quartier, même si elle a été cambriolée deux fois et qu'elle côtoie tous les jours des prostituées.

Mme Parent a également inscrit son fils à l'école Baril et dit avoir bien hâte que la reconstruction soit terminée.

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